Monomaniaquement Alsace

Ma passion des vins et de l'Alsace

27 janvier 2012

VDVs 42 : voyage, voyage

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présentent

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Vendredis du Vin # 42:
Voyage, Voyage !

La Belgique, ce lointain pays aqueux (coucou) et houblonneux, situé derrière un mur d’eau appelé le « Nord » …
La Belgique ou traverser le pays du Sud au Nord prend souvent moins de temps que faire le tour de Paris…
La Belgique, enfin,  où l’on trouve bien plus d’œnophiles que de pharmacies et d’églises réunies…

Pas étonnant  que pour tous les glouglouteurs du petit royaume, pas toujours gouverné, le fait de franchir cette barrière du « Nord » pour rassasier leur insatiable soif de jus  fasse systématiquement figure de joyeuse expédition voire de quête d’un  Eldorado lointain, oui, lointain, puisque les proches « Alsace et Champagne » sont bien plus loin situées que la précitée transversale du pays, au-delà des chutes d’eau céleste.

Et donc, quand à l’invitation du très jeune et Morgonesque Président des Vendredis du Vin, à l’aube de cet an 2012 déjà plus si neuf que ça, quand Monsieur Guillaume Nicolas-Brion, donc, nous invite au « Voyage » dans son programme électoral, il ne devra pas s’étonner, de même que ses concitoyens hexagonaux, que les Belges en question n’aillent pas chercher en Corée du Nord ce qu’ils considèrent dans leurs raids en France comme un vrai voyage aux effluves de rêve (et le reste).

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Il y avait lieu de préciser cela pour éviter plus loin des remarques du genre (avec l’accent) : « Mais, mais, une fois, des vins de Loire, d’Alsace, ça est quand même pas des vins de voyage, une fois, hein ! »

Et bien, Si, cher Président au Gamay Flamboyant, Si, et j’en ai bien peur, on parlera aussi  de vins hexagonaux dans cette nouvelle aventure de la joyeuse troupe des « Vendredis du Vin Brusseleirs», lâchée à nouveau dans l’abîme du Serial Quilling tel un « Lâcher de Salopes » qui n’auraient vu de marins pendant 10 ans.

Pour l’occasion, notre Jean-François d’hôte habituel ayant décidé de faire fi de notre ripaille mensuelle pour ressourcer à coup de bulles dans l’eau (de la piscine) son petit corps meurtri par les tanins , l’espace de « juste 4 jours sur l’année »… pour l’occasion, donc, la réunion « qui fait peur » se tenait au lieu-dit « derrière la pharmacie », « climat » qui est au débouchage en série ce que DSK est à la découverte du corps féminin, autrement dit,  ce que les saucisses sont évidemment à Francfort.

Avaient répondu positivement à l’appel du glou : Mamzelle Héloïse, Mamzelle Graziella, Mamzelle Brigitte, toutes trois bien enjouées, ainsi que ces Messieurs pas très tranquilles, le jeune Jef (dont je vous invite à observer la progression de la dégustation plus bas), Philippe (plus trublion que jamais), Bruno (toujours en quête de Rock et de Rhône), Fabrice (l’Europe-trotter du groupe), Fredon (plus bayonnais que jamais) et votre serviteur.

Comme nous parlons justement de « haute » gastronomie porcine, est-il encore utile de signaler que les Galettes des Rois qui clôturèrent cette réunion durent faire l’objet d’un véritable gavage, tant la table fourmillait d’effluves iodées et salées…. ?

Vraiment tout ceci n’est-il pas exagéré… non peut-être ? A en croire la tradition orale, il paraît même qu’un certain Jambon de Bayonne, horrifié par l’épaisseur de son futur voisinage, décida, dans une crise d’agoraphobie aigüe de se suicider dans un caniveau désormais de sinistre mémoire.

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Mais fi de cette introduction qui n’a jamais eu pour but que de mener à mon blog la requête « DSK  mange des saucisses à Bayonne devant un mur de salopes agoraphobes » fi de cette introduction pour aller au vif du sujet, soit le commentaire des quelques bouteilles éparses que mes compagnons et moi-même avons ouvert en cette nuit du 6 janvier pour célébrer le roi Guillaume Nicolas-Brion, réputé globe-trotter des Vendredis du Vin qu’il honore par sa présidence de Janvier après une véritable traversée du désert de notre secrétaire à vie, Iris, pour y parvenir.

Forts de toutes ces observations, la règle du jour fût donc, pour nous, de ne pas apporter de vins belges et surtout de tenter de se  limiter à des vins récoltés lors de voyages oenotouristiques, donc  à même chez le vigneron, du moins autant vraiment que possible.

Tout commença par une « confuse » comme dit Monsieur Preskovitch… 

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Pour écouter cliquez ici

J’avais prévu une bulle pour entamer les débats, une bulle assez tendue même, genre crémant d’Alsace absolument non dosé, si vous me suivez, et je fus fort marri de goûter un breuvage où un panier « Pomme-Poire » avec un peu de résiduel faisait l’essentiel du débat au nez, alors qu’à cette besace normande, venait s’ajouter des fraises Tagada à la bouche.
Oh, ne lisez pas de travers, c’est pas que c’était pas bon, au contraire, il y avait une vraie tension rafraichissante dans ce « vin » alliée à une superbe buvabilité… mais quand même, ces « poires sirupeuses » dans un crémant d’Alsace qui, à l’époque de l’achat m’avait presque fait peur (oui, Madame, peur !) tellement c’était tendu… euh, j’étais même plus déconfit que marri…
En fait, à la place de la dite bouteille d’Alsace, j’avais amené sur la table, un Poiré Authentique 2010 de Bordelet que notre jeune et nouvelle recrue, Jef, avait judicieusement apportée pour accompagner les Galettes précitées. Il s’agissait donc même d’un excellent Poiré et du coup, même si j’étais un peu gêné d’avoir tué cette bouteille, j’étais un peu rassuré sur mon achat alsacien.

Venons-en donc à ce Crémant d’Alsace de chez Klur… Non dosé, il m’avait séduit sur place par sa tension, sa netteté alors que le reste de la gamme m’avait paru discutable. Le deuxième point de séduction, c’est que l’oiseau était annoncé sans soufre, ce qui titillait forcément ma curiosité.

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Le problème, c’est qu’en dégustation, si le côté « sec » et la tension très nature n’avaient pas changé d’un iota, il faut reconnaître que derrière le « Poiré », l’effet de séquence était redoutable, un peu comme si vous descendiez un Jasnières à 0 gr de SR derrière un Muscat très liquoreux du Mas Amiel… si vous me suivez… Bonjour les gencives ! D’autant que comme les bulles étaient profuses… mais énormes, l’effet « Oral B turbo à balayage multiple » était assuré. Comme avec un peu de patience, cela avait tendance à s’arrondir, on va dire « A revoir ».

D’Alsace, filons à travers la Suisse pour plonger en Vénétie avec ce Soave « Vigne di Mezzane » 2010 du Corte Sant’Alda  (70% Garganega, 30% Trebbiano di Soave)d’une belle robe jaune dorée qui séduit d’emblée au nez par un nez vif et complexe alors que la bouche s’avère très fine avec une belle fraicheur qui accompagne un gras subtil, un vin tout en dentelle qui révèle de plus une belle amertume en finale.

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Superbe vin qui pour l’occasion reçoit 3 chaussettes et une famille de raton-laveurs de notre jury (voir les VDVs BXL fêtent Nawel).

Légère marche arrière, ensuite, le temps de longer quelques lacs, traverser moultes tunnels pour revenir en Helvétie et y rester ce coup-ci, du moins le temps  d’un vin.  Et ces derniers mois, chez les VDVs Bruxellois, qui dit Suisse, dit Paul Henri Soler, un vigneron auteur de pépites découvert par notre vigneron de pote, Fabrice d’Ormiale.

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L'effet "Ormiale"

Et ce Trinité ne déroge pas à la règle au contraire : issu d’un assemblage gewürztraminer, de chardonnay et de chasselas sur trois millésimes, ce vin à la robe jaune-vert propose un nez puissant sur l’amande mais surtout sur le floral avec une inouïe dominante de lys, totalement magnifique (sauf évidemment pour ceux qui n’aiment pas le lys).

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En bouche, c’est gras, sec et délicat à la fois, toujours sur le lys, aussi, et puis c’est long à mourir. Quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à vous bassiner un de ces jours avec ce domaine sur mon blog… En tous cas, ce soir, c’était 3 chaussettes cousues de fil d’or avec palmes.

Bon allez, retour en France, pour un bout de temps… Ça frise même le rattachement, obsession de pas mal de comiques du royaume des belges, ces derniers mois. Il est certain que comme d’aucuns néoministres désirent nous abaisser l’éthanol sanguin à 0,2 gr, on risque d’assister dans les prochaines années à un important flux migratoire Nord-Sud… au-delà du mur d’eau… Par contre, question rattachement, pas sûr, dès lors, qu’on veuille de nous (déjà que comme ça, bof), sauf évidemment, comme chauffeurs, des BOBs comme on dit ici…
Moi, ce que j’en dis, c’est que s’il a fallu attendre un an et demi pour venir nous emm… avec de pareilles idées à la con, on aurait encore pu rester 10 ans sans gouvernement… On finira, comme en Suède, à avoir peur de se mettre de l’After Shave, non mais…

Pour fêter ce retour hexagonal, on commence la « série » avec un Saint Véran  de Pur 2009, alias Mister Cyril Alonso issu de chardonnays de chez Valette. La robe est bien dorée, le nez est, quant à lui, puissant assez solaire, avec des notes fumées et grillées qui accompagnent un beurré plus traditionnel. J’avoue que cela donne assez soif.

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En bouche, si le côté solaire se marque encore un peu plus avec des épices, un gras limite alcooleux et une acidité un poil en retrait, le vin reste superbement buvable, avec un beau glou bien épicé ! Un troupeau de gazelles en récompense et un énorme merci à Lizzy Mercier- Descloux pour l’avoir enfin retrouvé, le troupeau…

08Pour écouter cliquez ici

Bon avant de retourner en Alsace (on se demande vraiment pourquoi…), un bref détour par la Loire avec le Touraine Blanc « Le Brin de Chèvre » 2003 du Clos Tue-Bœuf, alias les Puzelat-Bonhomme Boys.
La robe est nette, jaune-vert, le nez est lui, un peu moins net avec des côtés cave humide et une aromatique entre végétal et miel.

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En bouche, c’est plus précis avec une belle tension apportée par le chenin et qui permet au vin de ne pas se faire bouffer par la solarité du millésime. Résultat si c’est gras et bien mûr, cela n’en demeure pas moins sec, et comme la longueur est pas mal du tout, que demande donc le peuple ?  Allez, trois chaussettes, facile !

Comme promis, et logiquement, puisque, pour rappel, on se situe au lieu-dit  « derrière la pharmacie », on va aller un tout petit peu en Alsace, le temps de 3 vins. En dehors de célébrer le culte du monomane local, il y a quand même une logique à s’attarder sur cette région, quand on aime les voyages et qu’on habite au royaume des averses au-delà du mur d’eau.
En fait, c’est très dur pour nous, de l’éviter l’Alsace, quand on va en Suisse, en Italie, voire même en Allemagne ou dans pas mal de régions de France… et souvent, au lieu de simplement passer,  on y reste un soir… ou plus… on s’y attache, un jour même, on décide de ne plus aller ailleurs… ou presque.  C’est un peu normal aussi quand on voit la dimension de l’accueil dans cette région… Donc, bref, ça colle vachement bien avec la thématique du Président Guillaume, parce qu’en plus, même si ça n’a pas l’odeur des marchés coréens, faut quand même reconnaître que pour un gars du Nord, adopté, certes, mais du Nord quand même, c’est drôlement dépaysant les Haut et Bas-Rhin… déjà, il pleut pas… ou presque.

Donc,…

… Le premier de ces Messieurs est le Riesling Fronholz 2007 d’André Ostertag. Et là, déjà, on va me taxer de subjectivité, mais purée, qu’est-ce que c’est bon ! Le nez est une merveille de complexité avec des notes d’agrumes, d’anis, des fruits plus exotiques comme de l’ananas, du menthol, aussi, sans la moindre impression de surmaturité ou de douceur. La bouche, elle, est cristalline, droite, fraiche, croquante d’une part avec à nouveau cet ananas et d’autre part, profonde, minérale fine.

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La longueur est au diapason de mes délires… c’est vraiment un tout grand vin, pas un des « collègues » présents ne me démentira ! Il va falloir en coudre des chaussettes sur ce coup-là !

Au royaume des superlatifs, on risque de ne pas s’ennuyer avec la bouteille suivante, soit le Riesling Grand Cru Kastelberg 2008 du Domaine Kreydenweiss, avec l’ami Antoine aux consoles. Déjà fort apprécié lors de précédentes dégustations, il semble qu’il fallait un peu l’attendre, le laisser reposer pour atteindre ceci : un diamant de minéralité. Faire un grand vin sur un terroir comme les schistes du Kastelberg, c’est pas trop difficile, mais quand on y ajoute du génie, que l’on laisse totalement le raisin parler, en minimisant à l’absolu les artifices de vinification, on obtient ce pur jus de pierre. C’est vrai que le nez est un poil fermé, assez floral avec des notes de beurre, mais déjà là, à l’agitation, on perçoit un plein de silex mouillé. Et en bouche,  accompagné par la tension splendide, c’est monumental de pureté saline…  un, peut-être « le » modèle du genre. Quant à la longueur, indescriptible !!!

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C’est peut-être le meilleur riesling que j’ai bu de ma vie, en tous cas c’est celui où la minéralité m’a le plus ému. Comment ce vin alors qu’il fut porté aux nues par Thierry Meyer dans le guide B&D a pu faire l’objet d’un véritable assassinat par un aussi renommé dégustateur que Michel Bettane, six mois après, c’est pour moi une aussi grande énigme que de savoir ce qu’il y a derrière le Big Bang. Je vais encore me faire des amis, certes….
Au fait, sur les 8 bouches pantelantes d’admiration qui m’entouraient, pas un, n’a trouvé le moindre défaut, pas un n’y a trouvé le moindre atome de note oxydative, même si, j’en vois venir, beaucoup d’entre nous n’en seraient pas perturbés pour autant.

Après cela, tout risque de sembler difficile, et pourtant, c’est une troisième de mes bouteilles favorites qui arrive sur notre table sous sa chaussette aveuglante, le Riesling Grand Cru Muenchberg « Nature » 2004 du Domaine Julien Meyer, le jardin de Patrick Meyer. La robe est ici bien plus évoluée, le nez, lui est assez fermé, aussi, sans traces d’oxydations relevantes, plutôt sur le miel. La bouche est superbe, dominée, tendue littéralement par l’acidité qui vient dompter une certaine opulence aromatique étonnante pour le millésime. Le minéral paraît par contre en retrait, mais n’est-ce pas logique derrière le « monstre » précédent.

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Ce qui est incontournable c’est que cette richesse tenue par l’acidité en fait, surtout sur la finale, un vin d’une superbe buvabilité, précisément, ce que recherche inlassablement son géniteur. Le retour des chaussettes volantes et pas un peu !

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Scène dite des "Chaussettes Volantes"
Pendant que Bridget fint langoureusement son verre,
L'alsacomaniaque scrute le plafond où dansent les chaussettes sauvages

Pour le dernier blanc, on pourra pas au siège de la présidence des VDVs nous taxer d’avoir fait dans le petit zizi au niveau distance puisqu’on prend la direction du pays des Hobbits, de Gandalf et du reste de la bande de joyeux comiques qui le temps d’un tournage ont pu jouir des merveilleux paysages de la Nouvelle-Zélande. Ce pays, c’est un peu quand même comme la France, il a tout, sauf que c’est une île… Et c’est de là que provient donc ce Chenin blanc « Te Arai »« 2008 de chez Millton Vineyard, Gisborne 2008.

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Plus doré que prévu à la robe, le vin peine un peu à s’exprimer au nez avant de balancer entre côtés amande et floraux. Après pas mal d’aération, les notes de sauvignon s’imposent un peu plus.  La bouche est ample, pleine de matière, assez élancée par une tension plus lactique que citrique. Si la longueur n’est pas kilométrique, le vin n’en est pas moins plaisant, très velouté, en fait. Allez, trois belles chaussettes pour finir cette superbe série de blancs.

Je dis superbe, parce qu’ensuite, ça va plonger… on en reparle dans quelques instants, juste le temps de s’attarder au Bellet 2008 du Domaine de la Source (assemblage de Folle Noire et de Grenache), question de revenir en hémisphère Nord aussi vite qu’on en était parti. Si il n’y a avait pas totalement unanimité, j’ai clairement fait partie de ceux qui aimaient beaucoup ce vin. La robe paraissait déjà un peu avancée, le nez aussi, mais tout en complexité derrière ses notes sudistes et finement boisées, avec un côté sanguin épatant. En bouche, l’équilibre entre la fraicheur, le fruit et les tanins fins est très beau, surtout sur une belle longueur. Deux chaussettes sans trou et sans façons.

Et puis il y eu comme un vent du Nord… inexplicable, d’autant plus que c’est la seconde fois que cela arrive en 2 semaines où les hasards du calendrier nous ont fait nous réunir, le trou, The Hole, aussi Black que les rouges qui suivirent. La première salve de 4 quilles fut un véritable concours de sécheresse, de tanins durs et de nez flous, le pire étant atteint par le Patrimonio 2005 d’Antoine Arena, totalement RIP… les trois autres, avaient pourtant aussi tout pour plaire : Le Mas de Mon Père « Partez pour le Rêve » 2007, le Saint-Joseph 2009 de Monier Perréol (quoique qu’un peu de fruit était présent, ici) et, énorme surprise, le Brunello di Montalcino 2006 du domaine Campi di Fonterenza, mon énorme coup de cœur de l’été made in Padovani Sisters, pourtant carafé 8 heures à 14°C… Inexplicable donc… Fussent nos palais qui étaient fatigués, trop de blancs nuisent-ils au rouges, était-ce un jour racine, encore un, était-ce l’humidité de cet hiver à la belge (10°C et des murs d’eau), j’avoue qu’on en a tous perdu notre latin et bien plus encore. En tous cas vu la diversité des vins et la qualité des producteurs incriminés, difficile de jeter bêtement le haro sur ces bouteilles.

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Bref,

On s’interroge....

Je plonge dans la Cave

Je remonte un Sylvaner V/V 2007 d’André Ostertag

Je sers en vitesse

Tout le monde adore

C’est bon,

Juteux

Frais,

Tendu

Damned

Le rouge est mis

Enfin,

Pas vraiment,

Pas du tout même

Bref,

On repart sur les rouges

Une bombe,

Normalement

Le Château le Puy « Barthelemy » Côtes de Francs 2008

De l’humus

De la tension,

De la matière,

Mais…

Trop serré,

Trop acide,

Bref, ZE cata…. Pour une quille à plus de 60 euros

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Une dernière vérification pour la route avec une bouteille qui il y a 15 jours, entre deux homards, m’avait tué, le Saint-Chinian « Engoulevent » 2006 de Msieur Pelletier… ben là, complètement passé à travers, indescriptible… au secours ! C’est quoi ce beans… ???

Donc, voici un message de 8 terriens en détresse surtout… si quelqu’un a la moindre tentative d’explication…

Même le Regnié V/V 2009 du « Noun » Descombes, sorti de cave dans un dernier râle, avait laissé son fruit quelque part sur le chemin… M’enfin….

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Zobi, la miche (de pain)

Bon, allez, retour aux affaires, on était, pour rappel, le 6 janvier, et puis Fannie…. Donc il fallait élire notre roi et notre reine du jour à l’aide de deux galettes fort appétissantes qui ne demandaient qu’à être dévoré sans toutefois croquer la fève. Le roi, ce fut vite fait, c’est MOI, n’en déplaise à Yul. Les autres, y zont triché, c’est sûr… bon, j’ai l’air malin avec cette couronne sur ma tête. Heureusement, vu la grôôôsse tricherie, pas nécessaire de trop croquer dans la galette, j’échappe à l’indigestion…

Reste l’autre tarte, la deuxième, celle que les filles doivent maintenant se taper, toutes seules, pour trouver cette fichue fève… ouhaaa, dur, dur, pour elles, on a craint pour leur vie…. Heureusement les finaudes se sont lancées dans le forage, les coups de sonde… and the winner is, Bridget, notre petite photographe… Bon allez, une bonne chose de faite !

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Au fait… Balthazar et ses potes, profession mage, classe, roi, d’infatigables globe-trotters, non ? Voyage quand tu nous tiens… Tout est écrit, Makhtoub !

Et puis, quand même, au « VDVs Bxl Une Fois », on reste des professionnels, on se rappelle que Dame Merceron s’est inquiétée de ce qu’il faut boire avec les tartes aux mages…
Le choix du jour, enfin du soir, de la profondeur de la nuit, surtout, s’est porté sur la production Bordelet, Sydre & Co, pas le Poiré 2010, celui-là, je l’avais niqué,  non, deux productions 2003 respectivement Sydre Argelette et Poiré Authentique. Intéressante tentative parce que 2003, tout de même ça fait un bail…

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Première constatation, les deux breuvages ont gardé de la fraicheur malgré l’âge et le millésime. Le Poiré, à la robe doré-roux bien nette s’avère un peu maigre fluet, mais c’est buvable. Le Sydre, plus trouble, est nettement plus structuré, son équilibre entre rondeur, fruit et fraicheur est étonnant ! Une très belle surprise qui vaut bien quelques chaussettes d’applaudissements….
Et avec les galettes, pas photo, le Sydre est gagnant lui aussi, parfait, même !
Evidemment avec un Poiré plus jeune…. Oui, je sais !

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Philippe,
Chasseur de Chaussettes Sauvages

Ceci clôt cette nouvelle édition des Vendredis du Vin Brusseleir Une Fois sous le haut patronage de Guillaume Nicolas-Brion. Nous tenons à le remercier profondément, dans son invitation au voyage, de nous avoir permis un nouveau délire, agrémenté de 23 quilles, chose sur laquelle je tiens à insister puisque de mauvaises langues endormies par le  Savagnin se sont apitoyées sur la prétendue mise au régimes de récentes dégustations alsaciennes dans les installations dite « derrière la pharmacie ».
Elles n’ont qu’à voir, les langues, maintenant, et elles vont encore en voir, parce que dans moins de 24 heures notre bande de dégustateurs dégénérés envoie une délégation de 7 personnes en Loire (certains susurrent même 10), avec des coffres bourrés de Cantillon.

Ça va chauffer moi , je vous dis… Pas inutile sous le château qu’on fasse bouillir la marmite !

Au fait, les « collègues », merci pour la très très grosse ambiance… le jeune Jef n’arrête plus de le dire en boucle, les Vendredis du Vin Brusseleirs, c’est quand même autre chose,…. Hein !

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Les aventures de "Jef"
qui ne sera pas en Loire
et c'est bien dommage !

A propos,

Afin de faire taire certaines langues fourchues qui ne voient en moi qu’un organisateur d’évènement dégustatifs à tendance orgiaque, je tiens à produire cette photo d’un élève studieux, appliqué, que pas même cet élément perturbateur de Philippe n’arrive faire sourciller. Na !

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Posté par PBottcher à 00:02 - Les vendredis du vin - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 janvier 2012

Pétrole, pétrole !

Pétrole, Pétrole

Mais non... Je ne vais pas encore vous parler de ceci :

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We are Legion.
We do not forgive.
We do not forget.

Ni d'ailleurs de ceci :

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Quoique... on brûle....

Bref (c'est à la mode, hein), bref, si ce n'est pas de riesling que je vais parler (normal, après Dirler-Cadé, Laurent Barth et Marc Tempé, mon ratelier mensuel marque des signes de faiblesse), bref, si je ne veux pas non plus m'étendre sur un arôme primaire de sous-maturité ou un arôme secondaire plus classieux et minéral, il faut quand même que je vous parle pétrole, pétrole... (copyright Dalida & Delon, 1980)

En tant que producteur, en plus... (chez ce type (moi), tout finit toujours à la pompe)

Tout cela parce que Monsieur Olif, sur son blog, a remonté mon arbre généalogique pour me trouver un ancêtre dans un sombre émirat que j'aurais quitté, au désespoir de mes proches, pour sombrer dans les délices de Bacchus, instituant mon camp de base en Alsace, pour l'ascension de la Suisse Bourbil en provenance du Platteland Brusseleir, ou, dans l'autre sens, de la Suisse Bourbil au Platteland Brusseleir. On remarquera que dans ce second sens, on descend, alors que sur la carte, on monte...
Etonnant non? ...
Car on descend en ville mais on monte à Paris, alors qu'on descend sur la Corse mais qu'on monte en bateau...
Il est tout aussi commun qu'on descend dans la cave, alors qu'il faut bien en remonter, cette ascension, bien souvent, se faisant plus chargée que la descente, alors que cette montée (la chargée), personne n'en cause dans les textes ni dans la tradition orale.
Il faut toutefois encore noter que la seconde descente dans la cave (et non sur la suisse ou en ville), est traditionnellement plus chargée que la première.
Et ce qui reste remarquable, finalement, c'est qu'après avoir monté une bouteille, on la descend !

Me voici donc... Emir du Bas-Rhin... et que pourrais-je nier donc de mes origines pétrolifères suite à une si splendide analyse, tant la Lexica Universalis Vitifera Grosjenensis, l'institution bibliographique de Monsieur Olif (c'est ici), a fait rougir de honte Hari Seldon qui vient, depuis sa récente parution, de donner sa démission à Isaac Asimov en ces termes : "Si tu veux une encyclopédie galactique, t'as qu'à aller voir en Jura"

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Bref, plutôt que de me voir étrillé entre Charybde et Scylla, me voici piégé pour l'éternité du web glouphile entre un certain MB qui présente bien (si, si, MB presents..., j'ai osé) et un plus que vénérable terroir à grands vins, qu'un certain Guillaume Nicolas-Brion encense sur son blog Morgonesque.
De l'essence à l'encens, il n'y a qu'un pas, de MB au Bojo, aussi, tout le monde sait ça, hein, non peut-être, bien que, dans cette dernière affirmation je me garde bien de voir du jus là où il n'y en a pas....

Bref, me voici, en quelque sorte, immortel....

Posté par PBottcher à 23:24 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le Domaine Marc Tempé

Domaine Marc Tempé
 Le « Colosse » de Zellenberg

Préambule

Suite à une belle dégustation assez hétéroclite des vins de son domaine avec le Club des « Vieilles Copines », c’est avec beaucoup de plaisir que je publie cet article sur l’un des plus truculents personnages de l’Alsace viticole, le « Colosse » de Zellenberg, l’ineffable Marc Tempé que je me réjouis de voir en Loire d’ici 3-4 jours. Qu’on ne voit pas dans cette description sommaire qu’un zébulon facétieux, derrière cette joie de vivre festive, se trouve un des plus grands talents du Haut-Rhin.

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Image Philippe Bon (Oenophil) 

Une chose est certaine, après sa première rencontre, on n’est pas prêt d’oublier sa poignée de main, qui la pilosité mise à part n’est pas loin d’une rencontre du troisième type avec un yeti ainsi que sa voix dont la lourdeur est capable de faire fuir toutes les hordes de sangliers des Vosges.

Hasard du calendrier, cette dégustation fait suite de 24 heures celle de son voisin et ami Laurent Barth dont je viens de parler ici.

Généralités

Le domaine, du moins la partie d’habitation et les caves, est situé sur le mamelon de Zellenberg, splendide excroissance de la nature que l’on ne peut louper à 1km de Riquewihr, à droite de la Route des Grands Crus quand on vient de Colmar vers Ribeauvillé. Si certains vins proviennent de la commune de Zellenberg, le domaine se caractérise par  8 hectares de parcelles éclatées sur les communes plus ou moins voisines de St Hippolyte, Hunawihr, Riquewihr, Sigolsheim et Kientzheim, dont certaines sur les Grands Crus Mambourg, Furstentum et Schoenenbourg. (Voir terroirs)

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Historique

Fils de vigneron travaillant avec les coopératives locales, Marc Tempé débute dans le monde du vin, il y a plus de 30 ans, comme vinificateur dans une coopérative après avoir obtenu un diplôme de technicien viticole. Très peu persuadé par cette expérience, dont il dira plus tard qu’elle était positive pour apprendre ce qu’il ne fallait pas faire,  il part pour l’INAO d’Alsace où, pendant 11 ans, il va travailler, entres autres à l’établissement des délimitations des appellations Grands Crus. Durant cette période, il va de plus en plus s’intéresser aux sols  et à leur conservation, la viticulture bio devenant une évidence pour lui.

Quand il quitte l’INAO en 1993, c’est pour faire le grand saut en regroupant ses vignes avec celles de son épouse, Anne-Marie, elle-même fille de vigneron coopérateur.

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D’emblée, les vignes sont conduites en bio. Si pendant deux ans, les raisins continuent à être vendus aux coopératives, dès 1995, suite à l’aménagement de la cave ainsi que l’acquisition du matériel nécessaire, le domaine vend ses propres vins. Un an plus tard, donc très rapidement, Marc Tempé passe en biodynamie dont il est un des pionniers en Alsace derrière Pierre Frick et Eugène Meyer. Il en est aujourd’hui un de ses plus ardents défenseurs, avec une conviction jamais ébranlée.

Pour reprendre ses paroles : « La biodynamie donne à la vigne et au sol le premier rôle dans une histoire qui nous parle de respect et d'expression du terroir… les raisins en sont le reflet, et nos vins par leur complexité aromatique et leur minéralité, en révèlent les richesses et les particularités. »

Après avoir reçu le label Ecocert, il rejoint très logiquement l’association Renaissance des Appellations où il côtoie les plus grands vignerons alsaciens dont le regretté François Barmès.

Depuis l’aube des années 2000, il assure aussi la gérance du Domaine de Courbissac à Cesseras, dans l’Hérault, sur l’appellation Minervois sur lequel je me suis plus brièvement étendu  ici.

Marc Tempé, entouré de son épouse et de sa fille Marie, s’est aussi lancé dans le commerce des vins « qu’il aime » en gérant, Place de la Cathédrale à Colmar, la cave  « La Sommelière ».

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Marc Tempé se refuse d’évoluer strictement dans les sentiers battus, il tient à expérimenter en permanence, l’usage du bois sur des élevages longs dont nous parlerons plus tard en est un des nombreux exemples.

Viticulture

Comme déjà décrit plus haut, les vignes sont menées en biodynamie avec une forte implication dans le travail des sols dont les labours et la taille courte, ciblant des rendements bas. Le compostage se fait à base de fumiers animaux et seuls le cuivre et  les préparats biodynamiques  (tisane de prèle, osier...), préparés manuellement, vont à la rencontre des sols. Disciple d’un faible interventionnisme, Marc Tempé pratique un profond labour en automne et au printemps. Ce labour reste nécessaire vu la texture plus sèche des sols par rapport au Nord où, comme chez Patrick Meyer, le griffage donne de meilleurs résultats. Il refuse toute plantation de céréale d’hiver ou d’herbe, mais laisse un enherbement naturel se faire pendant l’été. La densité moyenne de plantation est de 4000 pieds à l’hectare Dans le respect de sa logique, les vendanges sont manuelles avec une recherche de forte maturité.

Vinifications

Les raisins entiers font l’objet d’un pressurage pneumatique doux et lent (min. 6 heures) afin de limiter les triturations, les productions de bourbe et les faux-goûts. Le débourbage est statique, c.-à-d. que le jus est laissé à décanté statiquement pendant une nuit, sans adjonction de soufre, d'enzymes ou de bentonite. Les jus sont ensuite séparés des bourbes à l’aide de pompe vers les foudres. La fermentation et l’élevage sur lies se fait en foudres ou en barriques bourguignonnes (pinots noirs et essais sur riesling). En moyenne, 1/3 de futs neufs est utilisé. Particularité supplémentaire à l’usage intégral du bois, l’élevage est mené pendant 18 à 24 mois, il peut même atteindre 36 mois sur les vins issus de Grands Crus comme le Mambourg. Toute la vinification est pratiquée sans ajout de matières extérieures au vin (levure, sucre, colle, etc…).

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Autre caractéristique, la vinification est instinctive et aucune mesure analytique n'e semble effectuée durant celle-ci. La mise se fait en présence minimale de sulfites (+- 30 mg/l de SO2 libre et un SO2 total qui varie entre 80 et 150 mg/l). Elle est  réalisée sous légère filtration sur terre ou même aucune filtration pour certaines cuvées, cette dernière pratique représentant un objectif global à long terme pour Marc Tempé, car c’est bien cette étape qu’il redoute le plus.

Vu que les vins peuvent  présenter un trouble et un CO2  assez élevé suite à la faible manipulation des vins, il est recommandé de les décanter bien  à l'avance pour qu'ils puissent s'épanouir tout en perdant leur éventuelle pétillance. Malgré les élevages sous bois importants, il est rare et même difficile de retrouver une influence du fut au nez ou en bouche, les vins nécessitent toutefois pour cela d’être attendus même en bouteille, raison pour laquelle le domaine rechigne à les commercialiser après la mise…. Quelques années de patience sont nécessaires en supplément de l’élevage pour les posséder dans sa cave, surtout pour les vins de terroirs.

Terroirs

Tout comme pour la biodynamie, l’influence du terroir sur les vins est chez Marc Tempé un élément majeur, son passage à l’INAO ayant renforcé cette conviction. Ce n’est donc pas pour rien qu’il’ n’hésite pas  à sillonner la route des Grands Crus pour rechercher, comme il le dit sur son site, des parcelles « chacune différente de l'autre par la richesse et la nature de son sol et par la diversité de son micro climat ».

Les références qui suivent sont très largement issues du site web du domaine

Appellations Villages

Zellenberg

Sols argilo-marneux du Lias, constitué de marnes schisteuses gris foncé, présentant de fins lits calcaires blancs ainsi que des modules carbonatés et ferrugineux, assis sur un socle de grès calcaire (Mamelon de Zellenberg ).

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Orientations et encépagement divers. Vins fruités et amples avec une bonne aptitude au vieillissement.

Saint-Hippolyte

Parcelle de plaine de 64.37 ares orientée Sud à Sud-est et plantée en riesling Sols bruns acides et sableux grossiers. Vins en général relativement sec, légers, avec des notes florales

Lieux Dits

Burgreben

Parcelle de  30 ares en coteaux à l'est de Zellenberg plantée en riesling Sol marno-calcaire avec des cailloutis siliceux. Vins d’expression assez fine, souvent très murs avec une acidité aux caractères anguleux et pierreux.

Altenbourg  

Lieu-dit sur la commune de Kientzheim entre 225 et 250 m d'altitude. 27,9 ares de la parcelle  en pente douce, juste sous  le Grand Cru Furstentum., plantés en pinot noir Sols marno-calcaro-gréseux, comparables à ceux du Furstentum, avec une proportion de sable plus importante et une maturation légèrement plus précoce. Vins équilibrés entre solarité et un fort caractère pierreux.

Grafenreben

Le lieu-dit  d’exposition est sud-est  à la sortie de Zellenberg vers Ribeauvillé de 30 ares composé de 2 parcelles, dont l'une a été plantée en dans les années 1950, et l'autre en 1977 et plantées en riesling Sols lourds et drainant d’assise marno-argilo-calcaires avec une couche de 60 cm à 1m d'argile limono-sableuse calcaire proche de la texture du Schoenenbourg. Vins puissants, charpentés, assez solaires.

Rodelsberg

Lieu-dit situé sur le plateau de la colline du grand cru Mambourg à 400m d'altitude composé de 2 parcelles de 13,5 ares en totalité et complantée  en gewurztraminers et en pinot-gris. Sols peu profonds d'argile rouge reposant sur un sous-sol rocheux très calcaire. (La partie non défrichée par le père de Marc sur ce plateau est classée par le Conservatoire des Sites Alsaciens pour protéger ses pelouses sèches dont la flore est exceptionnelle ; on y trouve entre autres de magnifiques orchidées). Rendement faibles  de 20hl/ha avec, à la récolte, des baies petites baies à peau croquante, très concentrées aromatiquement. Vin assez puissant, fruités, souvent croquants.

Grand Crus

Furstentum

Parcelle de 26 ares plantée en gewurztraminer et pinot-gris, exposée sud, sud-ouest dans un îlot de végétation méditerranéenne calciphile dans la vallée de Kaysersberg. Sols bruns, calcaires, présentant une structure caillouteuse, squelettique, filtrante, avec affleurement de la roche mère de type marno-calcaro-gréseux de Dogger inférieur recouverts de conglomérats tertiaires. Pente vive accumulatrice de chaleur et d'eau. Vin fruités aux notes fumées et à l’acidité vive.

Schoenenbourg

Parcelle de 32 ares plantée en pinot-gris et en gewurztraminer situées sur le flanc Sud et Sud-Est du Schoenenbourg au Nord de Riquewihr, entre 265 et 380 m d'altitude, en pente assez forte. Sols de marnes de Keuper, dolomitiques et gypseux, riches en éléments fertilisants retenant bien l’eau recouverts de fines couches quaternaires de cailloutis siliceux de grès vosgien et de Muschelkalk, tandis qu'affleurent à l'extrémité Est des marnes calcaires du Lias. Vins développant des arômes puissants et riches. Le microclimat du terroir est particulièrement adapté aux prestigieuses vendanges tardives et sélections de grains nobles.

Mambourg

Parcelle de  67ares plantée en Riesling et Gewurztraminer, exposée plein Sud à flanc de colline le Mambourg de Sigolsheim,  l'un des coteaux les plus avancés de la plaine d'Alsace qui profite d'une durée d'ensoleillement optimale. Sol calcimagnésique sur des conglomérats de calcaire et de marnes. Principalement  Gewürztraminer mais aussi Pinot Gris, Muscat et Riesling. Vins  très typés, élégants, d'une grande finesse, harmonieux et de longue garde

Coordonnées

Domaine Marc Tempé
16, rue du Schlossberg  
68340 Zellenberg Haut-Rhin
TEL : +33 3 89 47 85 22
e-mail :
marctempe@wanadoo.fr
web :
www.marctempe.fr

La Sommelière
19, Place de la Cathédrale
68000 Colmar Haut-Rhin
Tél : +33 3 89 41 20 38
Fax : +33 3 89 23 21 60
email :
contact@lasommeliere.fr
web :
www.lasommeliere.fr

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La dégustation

Les bouteilles ont été ouvertes 10 heures avant le service pour permettre une aération suffisante et conservées ainsi à 8-9 °C.
Les vins dégustés sont donnés dans l’ordre par le tableau ci-dessous :

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1. Pinot Noir Altenbourg 2005

La robe est dense, encore très jeune. Le nez est plutôt discret, malgré un carafage d’une demi-heure qui aurait probablement dû être prolongé. A l’agitation, on retrouve plutôt de fins arômes floraux que du fruit. La bouche est d’un tout autre registre. L’équilibre est parfait entre une acidité prononcée qui tend le vin, une superbe palette de fruits noirs et rouges (dont une fraise d’anthologie), des tanins fins et fondus, du gras. Quelques arômes un peu plus végétaux viennent perturber l’ensemble mais sans gros soucis, au contraire. La finale est vive, longue, terriblement buvable. Un excellent vin, très atypique pour ceux qui cultivent de l’Alsace une image de pinot noir de zinc !

2. Pinot Blanc Zellenberg 2008

La robe est jaune dorée assez soutenue.  A nouveau, le nez est discret, fin, avec un beau fruit blanc assez gourmand à l’aération. La bouche est charnue, très mûre, gourmande, à la limite de la sensation de résiduel, mais comme l’acidité est formidable en droiture et en puissance, ce vin est une véritable vague de fraicheur ! On retrouve cette fraicheur gourmande en finale…. Bref, le modèle absolu de vin d’apéritif en toutes saisons qui, vu sa buvabilité, appelle très vite des petites sœurs à être débouchées.

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3. Riesling St-Hippolyte 2007

La robe est jaune-vert sans trouble. Le nez à nouveau discret, fin, assez complexe à l’aération, encore sur ses arômes primaires (dans le sens où peu à très peu d’hydrocarbures nobles sont perçus). Les agrumes citriques sont par contre très présents ; enfin, aucune sensation d’élevage n’est perçue. La bouche est pure, marquée par un bel équilibre avec une acidité quand même plus en retrait. Aromatiquement, les aromes secondaires sont plus perceptibles.  La matière n’est pas énorme surtout en finale qui paraît un peu plus sur les amers solaires.

4. Riesling St-Hippolyte 2008

Changement de cap à 180° avec ce 2008 à la robe encore très jeune et au nez vraiment plein d’expression, dès l’approche du verre. On reste sur le registre des fruits citriques, agrémenté de notes florales et d’un peu de menthol. La bouche est terriblement tendue par l’acidité limite perlante. Le fruit est très présent aussi, sur ses notes citriques qui font de ce vin un « riesling » vraiment typé classique. La longueur est belle, marquée par la tension. Râteliers mobiles, fuyez… monomaniaques, foncez !

Les trois vins suivants, bien que de terroirs différents, ont été dégustés en parallèle. Leur ordre a été déterminé par la perception croissante de sucres résiduels.

5. Riesling Zellenberg 2008

La robe est jeune sur des notes jaune-vert, absente de trouble. Retour à un nez plus discret, d’abord assez végétal, puis, à l’aération, bien plus fruité et accompagné de notes pierreuses. On retrouve cette sensation minérale en bouche, à côté d’un pamplemousse rose qui donne une impression citrique assez austère, ce qui est confirmé sur la finale de bonne longueur. Un vin très minéral, sec, presque protestant.

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6. Riesling Burgreben 2004

La robe est déjà bien évoluée, l’or prenant le dessus. Le nez est puissant, fruité au confit presque solaire qui fait penser à une concentration très VT. Quelques notes d’hydrocarbures et d’élevage (pour la première fois !) sont aussi ressenties, par contre pas l’ombre de l’aspérule odorante (ou gentiane) qui perturbe beaucoup de 2004. La bouche est équilibrée avec une belle tension, un fruit dominateur, moins gourmand toutefois que le nez. Plus on va vers la finale, très longue, plus le vin devient sec avec des amers qui apparaissent ci et là. Très beau vin, plein de contrastes.

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7. Riesling Grafenreben 2005

La robe est assez évoluée entre jaune et or, avec un léger trouble. Le nez est puissant, d’abord floral, lacté  et légèrement cireux ensuite, avec, à l’aération une impression de léger sous-bois. La bouche est nettement plus noble, parfaitement équilibrée entre une tension soutenue (rare sur 2005), une matière très structurée avec un fruit amer et croquant et toujours cette légère pointe cireuse. la finale est superbe, longue, fraiche, gourmande et racée. Superbe 2005 !

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8. Riesling Grand Cru Mambourg 2005

Dernier riesling de la série et le seul au domaine à revendiquer l’appellation Grand Cru. La robe est brillante, dorée, dense. Le nez est superbe, bourré de complexité avec du fruit, du lacté, des hydrocarbures très racés et surtout un très beau côté floral ! En bouche, à matière comparable avec le vin précédent, le fruit laisse bien plus de place à la pierre, assouplie par une légère rondeur et dressé par l’acidité. Bref un tout grand moment, avec une longueur très soutenue où on retrouve ces amers nobles déjà rencontrés plus haut. Un must, pleinement garant de son appellation grand cru.

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Avant de passer aux pinot gris et aux gewürztraminer, il nous a paru logique de placer les deux Rodelsberg de la dégustation, vins de complantation de ces deux cépages sur une parcelle rare et atypique sur le plateau du Mambourg. Si Marc Tempé répond d’un air goguenard presque sceptique au travail de Jean-Michel Deiss, principalement sur les notions d’Appellations, s’il marque très clairement sa préférence pour des vins de cépages, traditionnels, pour lui de l’Alsace, cela ne l’empêche pas sur ces parcelles défrichées par son père de  jouer le jeu de la complantation. La proportion des cépages est de 70% de gewürztraminer et de 30% de pinot gris.

9. Rodelsberg 2005

La robe est dorée  avec pas mal de profondeur.  Le nez est très puissant, plus sur la pierre à fusil que sur le fruit. On perçoit quelques notes champignonneuses qui peuvent venir du millésime, mais elles sont faibles. La bouche est équilibrée, fraiche, sur le fruit avec de très beaux amers. La finale est, par contre, un peu plus serrée. Cela n’en reste pas moins pas mal du tout pour le millésime.

10. Rodelsberg 2006

La robe est semblable au 2006, le nez tout aussi intense mais bien plus frais et gourmand, sur les fruits blancs et jaunes. En bouche, l’équilibre est plus vif, la matière plus présente aussi, principalement sur le fruit. On retrouve aussi les amers. La longueur est bien plus marquée, le fruit se disputant avec les amers et une légère perception de rondeur résiduelle. Un vin très intéressant.

11. Pinot Gris Rimelsberg 2003

La robe est très évoluée, or-vert assez foncé. Le nez est littéralement explosif de fruits blancs, d’une grande gourmandise, à nouveau. Si l’équilibre est marqué en bouche, l’acidité est assez en retrait, ce qui fait que les amers sont un peu plus marqués, avec un fruit presque confit à la limite du caramel. Cette richesse perçue ainsi que le manque relatif de fraicheur est largement contrebalancé par une très belle buvabilité. On est en 2003, do not forget !

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12. Pinot Gris Grand Cru Schoenenbourg 2004

La robe est plus jeune, dans le jaune-vert. Le nez est à nouveau puissant, terriblement sur les fruits blancs, avec une grosse sensation de confit. En bouche, on a un équilibre plus tendu, plus frais, avec un fruit important, atypique dans le sens qu’on est vraiment sur du fruit rouge gourmand. Sur ce fruit vient se greffer une belle salinité, qui persiste sur la longueur, importante. Un vin qui a TOUT pour plaire, sauf aux adeptes du protestantisme vinique furieux.

13. Gewürztraminer Zellenberg 2007

La robe est dorée, assez typique du cépage. Le nez divise…. Est-ce variétal ? Pour moi, pas vraiment, dans le sens que je n’y ressens ni rose, ni litchi… Ce serait plutôt assez proche d’un pinot gris… La bouche confirme cette impression d’être hors du variétal, le fruit est très gourmand mais dressé littéralement par une splendide acidité qui rend le vin pur, sapide, bref, torchable ! Un vin de « village » étonnant !

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14. Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 1995

Si vous avez suivi… ceci est le premier millésime vendu au domaine, à l’époque, l’étiquette portait une mention de lieu-dit Steinigerweg en plus de l’Appellation Grand Cru. Cette bouteille provient d’un fond de cave bruxellois sur lequel j’ai jeté mon dévolu… certaines bouteilles sont reparties en fermentation… d’autres… Pour ce gewürztraminer, la robe est très évoluée avec des impressions rougeoyantes, un peu troubles.  Le nez est assez discret, entre un bouquet de fleurs et de fruits assez confits et une impression laitière fermentaire. De belles notes tourbées apparaissent à l’aération. Par contre, pas la moindre note variétale ! C’est un nez qui appelle vraiment à la méditation. En bouche, on est face à un contraste entre une acidité minérale très prononcée avec une forte sensation de matière et un fruit très peu expressif. Une certaine forme de gras est aussi perçue. La finale s’exprime plus sur l’amertume, mais avec beaucoup de classe. Un vin qui as su traverser les années avec brio, une superbe réussite pour un premier jet.

15. Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2006

La robe est nette brillante au doré encore jeune. Le nez est très opulent, plein de fruits exotiques très mûrs comme la mangue et  l’ananas. La bouche est dense, puissante, avec toujours ce fruit  exotique derrière lequel se cache une vraie sensation tannique. L’acidité est bien présente mais un poil piquante, balsamique et l’impression de minéralité est plus mitigée. La longueur est belle mais très empreinte de ces notes balsamiques.  A revoir.

16. Tokay Pinot Gris Alsace (pinot gris) VT 1996

Last but not least… c’est souvent le cas et cette quille ne déroge aucunement à la règle. Si la robe est tuilée, le nez, lui est une vraie délectation entre fruits très frais et notes exotiques plus confites. On y plongerait… La bouche a gardé une fraicheur stupéfiante, pure, saline, très saline, même et le côté charnu du fruit est une véritable délectation. Et en plus, c’est d’une sapidité totale. Cela vaut vraiment le coup d’attendre 16 ans pour boire un tel monstre de classe et de buvabilité. Si vous en trouvez, foncez !!!

Conclusions

Les vins se sont montrés globalement très gourmands, bien plus que je ne l’imaginais. S’ils ont tendance à ne pas toujours être au sommet de leur forme dans les millésimes plus difficiles comme 2006 ou très solaires comme 2003, dès que l’acidité est un peu directrice, ils prennent une ampleur incomparable, avec une atypicité très marquée, surtout sur les vins de terroirs, où la salinité est plus marquée. Ils feraient certainement des dégâts en verres  noirs…. Autre fait marquant, c’est l’effacement de toute sensation d’élevage, alors que tous les vins sont passés  réellement en futs et souvent bien plus longtemps que de coutume…  A titre informatif, le tableau ci-dessous donne les appréciations de chacun des membres du Club « Les Vieilles Copines »

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On remarque que la moyenne générale (15,5)  est très haute pour une gamme variée  avec un écart assez faible ; de plus 3 vins récoltent une moyenne de plus de 17, dont un atteignant les 18. Cela montre bien que si certains vins sortent clairement des sentiers battus, la qualité est largement au rendez-vous.

Les très beaux 2004 et surtout 96 et 95, envoient un message évident qu’il faut attendre ces vins. Si quelquefois, dans des dégustations de salons, jeunes, ils ne sont pas toujours compris, il faut oser entreprendre d’attendre car cela en vaut largement la peine. Marc Tempé le sait bien, ce n’est pas pour rien qu’il rechigne à lâcher ses bouteilles trop jeunes.

N’hésitez pas à rencontrer l’oiseau en ses terres ou à Colmar, si vous avez prévu une attelle pour votre main droite, cela devrait rester pour vous un tout grand moment, plein de vie et de goût !

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23 janvier 2012

Mas de Daumas Gassac - Verticale

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Verticale des blancs et des rouges

Est-il utile de rappeler mon attachement à une forme de viticulture indépendante, artisanale, liée à une vraie réflexion vigneronne sur la conduite des vignes et des vins et combien le formatage des vins à but commercial ainsi que les vins sans âme prôné par la grande distribution m’horripilent ?

Il est dès lors aisé de comprendre combien le film Mondovino représente pour moi une certaine Madeleine de Proust. Non pas que je sois naïf au point de tout en absorber sans recul, mais parce que ce film de Jonathan Nossiter a largement contribué quand même à ma réflexion vis-à-vis de ce que j’espérais découvrir comme vins. Et qui dit Mondovino, dit presque inévitablement Aimé Guibert et Mas de Daumas Gassac, tant il est difficile de ne pas être ému par le discours du créateur de ce domaine.

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Mais le Mas de Daumas Gassac ne représente pas à mes yeux qu’un lien philosophique entre un film et la vigne. C’est aussi, pour moi, au début des années 90, le souvenir de la découverte d’un domaine qui était en train depuis quelques années de stimuler le Languedoc vers une viticulture qualitative plutôt que quantitative.

Or donc, ce n’est pas sans déplaisir que j’ai participé, fin 2011, à une très  belle dégustation organisée par Jacques Gorissen dans le cadre du très joyeux Club des Vieilles Copines, dégustation qui avait pour but de nous proposer les blancs du domaine de 2005 à 2010 ainsi que les rouges de 2009 à 2000.

Je ne m’étendrai pas à décrire le domaine, Jacques, s’étant lui-même chargé de remettre en musique les notes très complètes présentes sur le site web du domaine avec quelques observations personnelles. Ce texte très complet  est consultable en cliquant ici.

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Dégustation des blancs

Les vins ont été carafés pendant une heure et ainsi conservés à une température proche des 10°C.

Par facilité, je reprends ici le tableau général d’identité  présent dans le descriptif du domaine (voir lien, plus haut).

Dénomination

IGP Pays d'Hérault

Sols

Calcaire lutétien blanc.

Cépages

25% viognier – 25% chardonnay – 25% petit manseng – 15% chenin et 10% d’une collection de cépages dont le courbu du Béarn, la petite arvine du Valais, le rolle de Provence, la marsanne du Rhône et dix autres variétés Européennes.

Vinification

Macération pelliculaire pendant 5 à 7 jours.

Elevage

Entre 2 à 4 mois en cuve inox (plus de barrique depuis 1998).

Récolte

100% Manuelle.

Rendement

35 hl/ha.

Degré

13 % Vol.

Production

Entre 45 000 et 60 000 bouteilles.

 

1. Mas de Daumas Gassac Blanc 2010

La robe est jaune-or. Le nez, assez discret, nécessite un peu d’aération pour proposer des arômes d’agrumes et de fruits blancs. La bouche est équilibrée, avec une acidité légèrement en retrait ce qui renforce un peu le caractère gras et solaire.  Aromatiquement, on retrouve plus de complexité qu’au nez  avec du miel, des notes florales de camomille et de violette. La finale, de bonne longueur, est plus sur le fruit, du fruit blanc assez charnu, mais accompagné d’une impression d’alcool et d’épices assez forte. Plus de fraicheur aurait été bienvenue…

2. Mas de Daumas Gassac Blanc 2009

La robe est jaune-clair avec des reflets verts. Le nez est plus net, bien plus intense que pour le 2010 et très nettement plus complexe aussi avec des fruits blancs (pêche, poire), des notes plus végétales, lactées aussi et surtout une forte note de pierre à fusil. En fin d’aération, la solarité est plus marquée mais sans excès.  La bouche est très concentrée avec pour débuter une forte acidité, presque perlante qui donne de la fraicheur à une matière où le gras, les épices, les agrumes et l’alcool sont bien présents. Le seul élément un peu perturbateur à ce stade, c’est le sucre qu’on retrouve avec des amers sur une finale bien plus longue que pour le 2010, plus gourmande aussi. Un beau vin encore très jeune, certes, qui revendique pleinement son identité solaire, avec pas mal de panache.

3. Mas de Daumas Gassac Blanc 2008

La robe est jaune-vert avec de légers reflets dorés. Comme pour le 2010, le nez nécessite de l’aération pour s’exprimer, cela, avec pas mal de complexité. Si des notes florales sont perceptibles, c’est surtout le fruit blanc qui s’avère directeur, sans pour autant que nous soyons privés des notes solaires déjà rencontrées plus haut. La bouche est à nouveau bien équilibrée avec une acidité suffisante pour apporter de la fraicheur au fruit (plus sur les agrumes (pamplemousse rose)) et au gras de la texture. On retrouve quelques notes sucrées qui donnent du gourmand au milieu de bouche. Là où cela se corse c’est sur la finale trop fluette et surtout assez courte qui ne parvient pas à bien rendre le juteux souhaité.

4. Mas de Daumas Gassac Blanc 2007

La robe est jaune-vert assez claire. Le nez est peu intense mais assez fin avec une assez belle palette aromatique faite de floral, d’anis, de fenouil, de notes pierreuses mais aussi d’une assez forte pointe de richesse solaire. On retrouve le côté solaire en bouche, trop dominateur, ici, surtout que le matière n’est pas énorme et que l’acidité est en retrait. La finale est assez courte, fluide, chaude et très anisée. La moins bonne expérience de cette série.

5. Mas de Daumas Gassac Blanc 2006

La robe est ici bien plus évoluée, jaune avec des reflets dorés très marqués. Le nez est puissant, riche, très jubilatoire avec du caramel, des pommes mures et de la cannelle.  La bouche est bien équilibrée avec une fraicheur surprenant pour le millésime, fraicheur qui donne beaucoup de droiture à une matière aussi jubilatoire que le nez avec de belles impressions de tisane, de miel, de violette. La finale est assez longue, d’une belle opulence gourmande et fraiche. Un grand vin de plaisir, mon préféré, nettement, dans la gamme des blancs.

6. Mas de Daumas Gassac Blanc 2005

La robe présente une évolution encore plus marquée ver l’or. Le nez assez intense présente de fortes notes de réduction, presque de cour de ferme, ainsi que des arômes épicés et végétaux. Du coing et de l’ananas confit viennent heureusement mettre un peu de fruit à tout cela. La bouche est plus plaisante, assez bien fraiche, avec un côté mielleux assez gourmand, mais ces notes positives sont un peu contrebalancées par une impression aqueuse, proche de la dilution. On retrouve ce contraste sur la finale d’assez bonne longueur, plus épicée et plus solaire, toutefois. Si ce vin s’inscrit dans la même veine que le 2007, il offre cependant plus de classe et de longueur, sans toutefois atteindre des sommets, loin s’en faut.

Conclusion sur les blancs

Je n’avais, comme beaucoup de mes camarades de dégustation, jamais eu l’occasion de déguster les blancs du Mas Daumas Gassac, donc difficile de prétendre à un certain recul et il s’avère donc aussi difficile d’exprimer un jugement global et objectif sur les 6 vins dégustés, tant on y a rencontré des variétés de structure, d’aromatique et de longueur. La marque de fabrique est clairement la solarité, ce qui n’est évidemment pas négatif, quand la fraicheur et le fruit sont de la partie…. Ce qui n’est pas obligatoirement le cas sur tous les millésimes rencontrés. Si le domaine reconnaît que la grande majorité préfère boire ses blancs jeunes, il n’en reste pas moins que c’est le 2006 que nous avons trouvé le plus intéressant.

Les férus de salinité seront certainement en peine avec ce type d’équilibres mais je serais bien audacieux de porter un jugement prescriptif alors que le monde des œnophiles est loin d’être composé de monomaniaques de la tension saline et des aromatiques pierreuses. Je préfère donc laisser à ceux que le sudisme attire se faire leur propre jugement et ainsi modérer ce qui peut paraître un compte-rendu somme toute sévère.

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Dégustation des rouges

Les vins ont été carafés à température de cave (+-10°C) puis entreposés deux heures  à température ambiante (19-20°C). Comme pour les blancs, le tableau descriptif ci-dessous représente un résumé global moyen des vins réalisés au domaine.

Dénomination

IGP Pays d'Hérault.

Sols

Grèzes (poussières) glaciaires rouges.

Cépages

80% de Cabernet Sauvignon associés à une collection de 10 cépages différents.

Vinification

Vinification classique médocaine - longue macération - pas de filtration.

Elevage

Entre 12 à 15 mois en fût de chêne (barriques âgées de 1 à 7 ans).

Récolte

100% Manuelle.

Rendement

35 hl/ha.

Degré

13 % Vol.

Production

Entre 120 000 et 150 000 bouteilles.

 

Mas de Daumas Gassac rouge 2009

La robe est rubis foncé très profond. Le nez est très intense, gourmand à la limite du solaire avec des fruits rouges (proche du cuberdon) derrière lesquelles on mettrait bien une étiquette de « naked » gamay. On retrouve tout cela en bouche en plus d’une belle acidité bien équilibrante. Le fruit rouge est dominateur presque carbonique. On se félicite du côté gourmand perçu, on regrettera un peu le manque de profondeur. Sur la longueur de très belle facture, le gourmand cède un peu le terrain à des tanins, discrets jusque-là, qui assèchent un peu l’édifice. A revoir, avec intérêt.

Mas de Daumas Gassac rouge 2008

La robe est rubis foncé, un peu moins profonde que pour  le 2009. Le nez est assez puissant, légèrement réduit de prime abord, s’anoblissant et se complexifiant ensuite avec des fruits rouges et noirs (nettement plus intenses), de la venaison et une impression minérale. La bouche est solide, superbement équilibrée avec des tanins structurés, une grosse matière fruitée, le tout sur une grande impression de classe, surtout sur la très belle finale où des amers nobles confèrent une austérité splendide à ce vin. Exceptionnel !

Mas de Daumas Gassac rouge 2007

La robe est très comparable au 2008. Au nez, on conserve beaucoup de puissance avec des fruits noirs et rouges (ces derniers flirtant à nouveau un peu avec du gamay), une légère pointe de verdeur, du cuir et une forte impression de viande, à la fois par le sang et le bouillon. Très acide à l’attaque de bouche, celle-ci  n’en demeure pas moins équilibrée avec des tanins présents en souplesse et un fruit agréable. La principale différence avec  le 2008, c’est que la matière paraît un peu moins présente, surtout en finale où les tanins se font légèrement plus asséchants, sans que le fruit soit toutefois en retrait. Un très beau vin, ici aussi.

Mas de Daumas Gassac rouge 2006

La robe est encore jeune, dense, d’un rubis bien affirmé. Le nez est intense, tout en puissance avec une évolution plus marquée qui tire vers l’humus. Aromatiquement, c’est aussi très médocain… avec une sensation de cabernet sauvignon très marquée.  En bouche, l’acidité et le fruit (surtout noir(cassis)) sont de très bon aloi, avec une impression de maturité très convaincante ; ce côté juteux est toutefois contrebalancé par des tanins affirmés, tout comme l’élevage qui est bien plus marqué. La finale ferait presque penser au style de Las Cases, la finesse en moins, surtout parce que les tanins se font plus asséchants. Plus dur, ce vin n’en demeure pas moins intéressant, si ce n’est son caractère tout à fait atypique.

Mas de Daumas Gassac rouge 2005

La robe est ici déjà plus marquée par l’évolution, plus claire aussi. Au nez, on retrouve ce côté cabernet sauvignon en évolution, comme dans le 2006 : à côté des fruits noirs, le cuir, la boîte à cigare et les notes animales se dégagent très nettement. L’équilibre est de nouveau très médocain, les tanins secs et l’acidité conférant ici plus de dureté que pour le 2006, surtout, je pense, parce que le fruit manque de vigueur. Même constat sur la finale, pas très très longue, fraiche, tannique mais manquant d’amplitude. Effet de série ou pas, je reste ici un peu sur ma faim, sans pour autant vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain.

Mas de Daumas Gassac rouge 2004

A la robe, on reste sur cette évolution déjà rencontrée, bien que cela paraisse ici encore très dense.. Le nez est net, complexe, austère nettement plus noble et captivant que celui du 2005 ; on y retrouve des notes de cuir, de l’animal, du camphre mais aussi une forte sensation de pierre mouillée. La bouche est très belle, avec une superbe fraicheur qui ici à le bonheur de retrouver du fruit, avec un grain fin, presque de la dentelle en terme de structure. Ici aussi, l’impression de minéralité est très présente et elle anoblit encore plus l’ensemble. En fait, ce vin serait réellement tout à fait exceptionnel, s’il était un poil plus long sur sa finale.

Mas de Daumas Gassac rouge 2003

La robe devient ici franchement très évoluée, avec des notes tuilées déjà très perceptibles. Le nez est puissant, à 180° du 2004. Ici la solarité et l’impression de surextraction dominent. Côté arômes, on est maintenant sur le cacao et les pruneaux compotés. La bouche est au diapason, dans le sens que elle a bien « grillé », les tanins sont vifs et secs, la structure parait plus décharnée, surtout su la finale… on a connu certes bien pire, surtout sur 2003, mais je pense qu’on est ici trop tard, déjà.

Mas de Daumas Gassac rouge 2002

Pas grand-chose à dire, ici. Si le vin est forcément moins solaire, le nez se dispute des notes torréfiées sèches et un côté végétal un peu terne. La bouche est du café sans grand-chose à côté, le finale est…. Euh, pas terrible. A oublier.

Mas de Daumas Gassac rouge 2001

On dirait d’emblée que ce millésime a conservé une pleine jeunesse, rien qu’à le robe. Le nez d’intensité moyenne s’avère d’une grande finesse, profond, subtilement complexe avec des notes évolutives de cuir largement équilibrées par un melting pot de fruits rouges et noir, le tout avec une impression de fraicheur qui appelle à boire sans attendre. En bouche, tout y est, fraicheur, matière finesse, cassis sèveux, gourmand, notes iodées, tanins fondus et la finale est vraiment très longue, pleine de classe, extrêmement moins asséchante que les derniers vins. Sans le moindre doute, le vin de la soirée, encore au-dessus du 2008.

Mas de Daumas Gassac rouge 2000

Pas facile de suivre l’excellence, mais il faut reconnaitre que ce 2000 se défend bien, même s’il paraît moins jeune. L’aromatique, même si elle reste fine et complexe est d’ailleurs différente, plus végétale (foin coupé) avec des côtés tisane, de la venaison et à nouveau de la pierre mouillée. En bouche, c’est moins austère qu’au nez, avec un beau jus de cassis rafraichi par une acidité encore bien en place. Les tanins plus prononcés et la solarité plus évidente modifient aussi le registre de ce vin. Sur la longueur, plus courte, on garde impression de puissance avec des amers plus marqués. Cela reste toutefois un très beau vin, avec beaucoup de classe.

Conclusions sur les rouges

Les impressions mitigées des blancs se font ici, globalement, largement oublier. Sans atteindre des notes sudistes prononcées, les meilleurs millésimes (2008, 2007, 2001 et 2000) possèdent à la fois de la générosité à travers le fruit et à la fois une belle structure, avec une belle impression de terroir. Ce n’est cependant pas une généralité, certains vins, surtout sur les plus jeunes qui donnent un fruit rouge gourmand assez surprenant, digne de « naked » gamay, d’autres lorgnant beaucoup voire de trop vers le Médoc, deux vins enfin, le 2003 et le 2002, paraissant arrivés à l’épuisement. Ce qui est clair, c’est que pris encore en pleine jeunesse comme le 2008 ou en pleine maturité comme le 2001, quand c’est bon, c’est vraiment très bon et cela rappelle des Trévallon très réussi. Influencé par des images d’Epinal avant d’appréhender cette dégustation, j’ai aussi été surpris des faibles à très faibles notes d’élevage de ces vins, alors que je craignais un boisé toasté, tellement la réputation du domaine, pas vraiment à juste titre, était pour moi de vouloir faire un grand vin de Bordeaux en Sud. Ceci me rappelle donc bien qu’en vin, les certitudes ne valent pas grand-chose, les préjugés encore moins.

Un tout grand merci à l’ami Jacques pour avoir patiemment, au fil des années,  construit cette dégustation, aux « Copines » qui ont partagé ce moment bien plus festif que la rigidité de mon texte ne pourrait le faire croire….

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17 janvier 2012

Laurent Barth

Domaine Laurent Barth

« Le vin est fait de raison..
... et d’imagination »

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S’il est vrai que je n’ai pas eu l’occasion jusqu’à ce jour de manière très exhaustive sur le domaine Laurent Barth, gageons que cela risque de ne plus être de règle dans les années à venir, tant ce domaine et son vigneron méritent la plus grande attention, je parlerais même du plus grand intérêt. Une dégustation avec le Gaspart Club à Bruxelles d’une partie intéressante de la gamme sur des millésimes récents a été le détonateur de la rédaction de cet article qui me titillait depuis plusieurs mois.

Généralités

Avant de devenir vigneron alsacien à part entière, Laurent Barth aura sillonné la planète pendant 10 ans (Australie, Afrique du Sud, Inde,  Californie, Liban), cela dans un besoin profond d’aller à la rencontre des diverses cultures des pays visités mais en gardant toujours comme objectif de le faire dans le domaine du vin, auquel il a toujours été fermement attaché. Si la vocation pure et dure  de vigneron n’est pas, pendant ces pérégrinations, une absolue évidence, celle de travailler dans le vin est donc très claire.

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C’est suite au décès de son père que Laurent Barth revient au domaine familial et que la vocation de vigneron  va se réveiller totalement pour se transformer très vite en passion.

Le domaine s’étend alors autour de Bennwihr en Haut-Rhin, en contrebas des Grands Crus Mambourg et Marckrain. Pendant cinq ans, Laurent va s’y faire la main en vendant ses raisins à des coopératives comme la « bien » connue Cave de Bestheim qui possède une antenne au village. Il va utiliser pleinement cette période pour aller à la rencontre de vignerons comme Marc Tempé,  le « Colosse » du village voisin de Zellenberg, ou Félix Meyer (domaine Meyer-Fonné), rencontre qui, sans être prescriptive, va tout de même le conforter dans la direction qu’il désirera donner un jour à ses vins. Le millésime 2004 marque le début de la vente de ses propres vins ainsi que l’achèvement de la cave nécessaire à cet effet. Si, depuis  ces débuts, les grandes lignes de culture et de vinification sont clairement établie, il désire ardemment évoluer, expérimenter, comme le marque cette volonté de faire de longues fermentations et  des élevages les plus longs possibles ainsi qu’une prise relative de risque au moment des vendanges sans pour autant chercher des surmaturités. Evoluer, se remettre en question sont des notions très perceptibles pour notre homme qui aime à proclamer qu’il n’y a aucune  certitude dans son métier. Vu la taille restreinte de son domaine (longtemps 3,7 ha et 4,5 ha actuellement en 2012),  Laurent Barth est le plus souvent amené à travailler seul, ce qui ne lui donne pas énormément de libertés et explique pourquoi l’homme n’a pas une visibilité énorme dans les salons hexagonaux ou plus lointains, ce qui toutefois ne l’empêche pas d’accueillir les visiteurs au domaine avec une grande simplicité empreinte d’une passion tout aussi grande dans sa petite salle de dégustation sobrement aménagée.

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Cette passion, les Caprices de Dame Nature n’ont pu en fléchir un atome et pourtant ils ne l’ont pas vraiment épargné. Le plus douloureux de ces évènements est certainement cette grêle de juin 2007 qui n’a laissé vraiment permis deproduire  que quelques hectolitres de Gewürztraminer sur le Grand Cru Marckrain, 80 % de ces parcelles étant gravement touchées. Sans l’aide de vignerons du Haut-Rhin (Eguisheim) et du Bas-Rhin (Hattstatt) qui lui ont permis d’acheter quelques raisins, l’aventure aurait pu se terminer là, mais il en a été heureusement autrement. En référence à ses pérégrinations sur les vignes du Nord, Laurent a appelé ses cuvées de 2007, les cuvées « Nomades », pour lesquelles, il a pu démontrer tout son savoir-faire de vinificateur. Si aujourd’hui, la réputation du domaine n’est plus à démontrer, élément normalement rassurant, il n’est pas rare de retrouver une véritable sensation de « nervosité à fleur de peau » chez ce vigneron lors des vendanges. C’était particulièrement sensible lors de ma dernière visite en septembre 2011 où la météo s’est avérée des plus capricieuses.

Culture et vinifications

Les parcelles du domaine s’étendent aujourd’hui autour de Bennwihr, entre autres sur le Rebgarten,  un des lieux dits du village, sur le Grand Cru Marckrain ainsi que sur quelques parcelles sur le Schlossberg qui composent ses cuvées « Granit ».

Depuis 2004, Laurent mène ses vignes en agriculture biologique.  Afin de ne pas tasser les sols, le travail manuel des vignes est largement privilégié. Il tend aussi à replanter ses parcelles à raison de 10.000 pieds à l’hectare. Les rendements moyens sont très faibles, de l’ordre de 40 hectolitres à l’hectare dans des années productives. Les vendanges sont elles aussi manuelles. L’objectif étant la conservation maximale de l’intégrité du fruit ; à ce titre les pinots noirs font l’objet d’égrappage de 80 à 100% selon les millésimes.

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Les raisins font l’objet  de pressurages doux et lents suivis de macérations longues (10-15 jours) en cuve inox. Après débourbages, les jus sont mis en élevage en foudre pour les blancs et en fût de deux ou trois ans pour les rouges. Les fermentations sont elles aussi prolongées le plus longtemps possible (jusqu’à 10-11 mois, si nécéssaire), un très léger sulfitage n’intervenant que peu de temps avant la mise. Gageons que quand la quantité totale de raisins produite ainsi qu’une plus grande sécurité  financière le permettront, les élevages devraient gagner encore en longueur, principalement sur les terroirs les plus marquants.  C’eût certainement été le cas sur 2009, pour lequel Laurent estimait que les vins le demandaient plus que d’habitude.

Les vins montrent toujours beaucoup de finesse malgré leur concentration ainsi qu’une splendide buvabilité. Ils  sont très marqués par le terroir, principalement sur les parcelles granitiques du Schlossberg et sur les cuvées issues du Marckrain, où la profondeur domine.  L’acidité est recherchée au maximum de l’équilibre afin de conférer de la fraicheur sur de nombreuses années.

Depuis 2008, treize cuvées différentes dont deux en rouge sont  disponibles mais il y a lieu de s’y prendre très tôt pour pouvoir en emporter quelques flacons, à moins, de façon chanceuse, de trouver son bonheur chez un caviste éclairé.

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Dégustation

Si la présente dégustation ne se veut pas exhaustive des vins produits au domaine, elle a pour but de faire découvrir toutefois toutes les facettes des vins de Laurent Barth

1. Pinot Noir M 2010
2. Pinot Noir M 2009
3. Racines Métissées 2010
4. Pinot d’Alsace 2010
5. Pinot d’Alsace 2008
6. Muscat « Granite » 2008
7. Riesling 2010
8. Riesling “Vieilles Vignes” 2010
9. Riesling “Vieilles Vignes” 2009
10. Riesling “Granite” 2010
11. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2010
12. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2007
13. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2009
 

Les bouteilles ont été ouvertes 8 heures avant la dégustation puis conservées à 10°C. Les rouges ont fait  l’objet d’un carafage de deux heures.

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1. Pinot Noir « M » 2010 

13 eur ; +-80 % d’éraflage ; vignes située sur le Grand Cru Marckrain

La robe est dense, rubis foncé. Le nez est net, puissant, encore très jeune avec de belles notes épicées et des fruits rouges. En bouche, la tension est directrice mais sans déplacer l’équilibre du vin. La sensation de matière est nette, principalement sur le fruit alors que les tanins sont plus discrets. Aucune note boisée n’est perceptible. La finale de très belle longueur garde beaucoup de fraicheur et de fruit alors qu’on y perçoit aussi quelques notes de belle amertume. Ce vin, pour le millésime, me surprend par son fruit, alors que globalement c’est sa belle profondeur qui en fait son atout majeur.

2. Pinot Noir « M » 2009

17 eur (caviste) ; +-80% d’éraflage ; vignes située sur le Grand Cru Marckrain

La robe est toujours très dense, légèrement plus que pour le 2010. Le nez est net, assez puissant, très frais avec du fruit et des notes animales, assez atypique finalement de ce qu’on peut retrouver en Alsace avec une impression d’une aromatique proche d’une très belle mondeuse. En bouche, la tension (pour un millésime plus chaud) est remarquable, elle relève littéralement une belle matière plus serrée autour des tanins, alors qu’un beau gras vient compléter l’ensemble. Ici aussi, le caractère pinot noir n’est pas toujours évident, marque du terroir, influence du vigneron ou les deux, je vous laisse juge…  La finale propose une longueur intéressante juteuse, avec des épices, des notes animales et végétales, aucune impression d’élevage  et surtout aucune impression de surmaturité ou de confit. Toujours est-il que c’est un très beau vin qu’on a ici alliant profondeur et buvabilité mais qui a encore besoin de quelques années pour s’exprimer pleinement. Il confirme à la fois que le millésime 2009 donne de très beaux pinots noirs et que la réputation qualitative de Laurent Barth sur ses rouges n’est pas usurpée.

3. Racines Métissées 2010

5,5 eur, assemblage de tous les blancs sauf GW et forte proportion de riesling ; terroirs alluvionnaires de Benwihr

La robe est nette, brillante assez claire avec des notes jaune-vert. Le nez est intense, frais et gourmand, son melting pot de fruits blancs, jaunes et de notes florales invite littéralement à  porter le liquide rapidement à la bouche.  Celle-ci s’avère  effectivement très gourmande, avec une légère sucrosité, certes mais complètement balancé par la tension et le croquant du fruit. On a une impression d’un très beau grain, très précis, précision qu’on retrouve pleinement sur la finale, bien plus longue que ce que l’étiquette et le prix pourraient suggérer. Un must à l’apéritif.

4. Pinot d’Alsace 2010

6 eur ; auxerrois issu de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur auxquels jusqu’à 15 à 20% de pinots noirs sont ajoutés.

La robe est plus marquée par le jaune que pour les « Racines Métissées » tout en conservant une très belle brillance.  Le nez est délicat, entre fruit blancs et floral.  La bouche est plus puissante, très marquée par la tension presque perlante sur l’attaque et  qui s’équilibre très vite sur un fruit très marqué par des notes exotiques.  La finale est droite, avec un caractère assez sec qui modère un peu le caractère gourmand retrouvé en milieu de bouche.

5. Pinot d’Alsace 2008

6 eur ; auxerrois issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur auxquels jusqu’à 15 à 20% de pinots noirs sont ajoutés.

La robe est encore plus dense plus jaune-or que pour le 2010 marquant ici une certaine évolution. Le nez est sensiblement différent du 2010par son évolution, ses agrumes plus juteux ainsi qu’une impression légère pré-liquoreuse  qui augmente la perception de gourmandise. Confirmation en bouche de cette impression avec un sucre résiduel présent, du fruit généreux, gras et croquant qui avec énormément de bonheur sont splendidement équilibrés par une tension très vive, de beaux amers et une grande salinité. La finale est droite, fraiche, juteuse avec de très jolies notes de caramel salé. Un vin splendide, à  nouveau atypique, très à l’image de son géniteur.

6. Muscat « Granite » 2008

12 eur ; 95 % de muscat à petits grains ; raisins issus  du GC Schlossberg (granitique léger)

La robe est brillante et très claire avec des notes vert-clair prononcées. Le nez est net, assez intense, pas variétal, plutôt, à nouveau sur le floral que sur le musc, avec des notes de raisins de Corinthe à l’aération. La bouche est très droite, pure avec de fortes notes minérales dopées par une impression tannique et une très belle amertume, presque aérienne. Le fruit est légèrement plus présent en milieu de bouche. L’absence de sucres résiduel confère au vin un caractère très sec surtout la finale de très belle facture. Comme pour le reste de la gamme, un vrai muscat minéral à découvrir absolument.

7. Riesling 2010

8 eur ; raisins issus de sols alluvionnaires légers autour de Bennwihr favorisés en années humides.

La robe est très jeune, classiquement jaune-vert clair. Le nez est lui aussi classique citrique principalement avec quelques fruits blancs. L’impression de jeunesse est aussi très nette.. Sans surprise, la bouche est très tendue, puissante avec des agrumes citriques très marqués, le tout agrémenté d’une certaine rondeur qui rend la bouche plus gourmande. En finale, tout cela est confirmé, la fraicheur domine sans atteindre des longueurs incommensurables. Le riesling typique d’entrée de gamme, bien fait  et qui rassurera ceux qui sont en quête de perception de cépage.

8. Riesling “Vieilles Vignes” 2010

10 eur ; raisins issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur.

La robe montre la même jeunesse  et la même tonalité que pour le riesling classique. Le nez est plus discret de prime abord et gagne de la puissance ensuite avec un caractère fruit blanc bien plus marqué que le variétal citrique. En bouche, l’acidité est imposante et donne une structure très élancée au vin, sans impression de maigreur, au contraire parce que le fruit juteux tempère cette puissance. Mais l’élément remarquable de cette bouche, c’est cette minéralité perçue, principalement  sur les côtés salins très  évidents surtout sur la finale à la longueur très prononcée. Ce vin ferait certainement la nique à beaucoup de grands crus en dégustation horizontale, il est en tous cas d’un rapport qualité-prix inébranlable !

9. Riesling “Vieilles Vignes” 2009

10 eur ; raisins issus de sols légers sur le terroir de Rebgarten, limoneux en surface, granitique en profondeur.

Ils ne sont pas nombreux les 2009 qui peuvent prétendre apporter autant de plaisir que les 2010 ou les 2008 à des amateurs de vins de pierre comme moi. Celui-ci ne déroge  hélas pas à la règle d’autant qu’il souffre certainement d’un effet de séquence avec son prédécesseur. Si le nez est d’emblée plus puissant, c’est pour aller vers des notes nettement plus solaires avec du coing, du menthol quelques notes florales mais surtout une impression d’alcool. En bouche, même topo, l’acidité n’étant pas suffisante pour empêcher une impression d’étalement. Côté positif, la matière et un certain équilibre  restent perceptibles. La finale n’est pas particulièrement emballante, non plus, bercée d’amers solaires et d’une rondeur que je ne recherche pas mais qui devrait ravir 80% des béotiens qui débarquent en alsace à la chasse au saccharose sauvage.

10. Riesling “Granite” 2010

20 eur ; raisins issus  du GC Schlossberg (granitique léger)

La robe est jeune, classique, très claire. Changement de cap à 180° avec ici un nez magnifique, puissant, complexe, un véritable bouquet floral où le lys domine, quelques notes de fruits blancs et une impression de silex mouillé. Un vrai nez de méditation. En bouche, la très grosse tension dirige un équilibre sucré/salé comme trame de fond parce qu’au-devant de la scène, on sent très vite la pierre prendre le dessus sur le tout. L’impression de densité de matière est maximale. Si la finale est encore un peu dissociée sous l’effet de la jeunesse et de la concentration de ses composants, on sent une énorme race et un potentiel de vieillissement gigantesque. Un vin exceptionnel qui vaut très largement ses 20 euros, ce prix s’expliquant par la rareté de cette cuvée.

11. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2010

15 eur (50 cl) ;  sols  marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

La robe est  dorée encore assez claire. Le nez est très puissant avec beaucoup de caractère, complexe et à des lieues du banal duo rose-lichees, avec, de plus,  une certaine austérité qui donne de la noblesse. La bouche est très équilibrée entre une belle tension, des raisins de Corinthe pour le fruit, du gras avec une légère impression de rondeur qui doit encore être complètement intégrée, une matière très présente et enfin et surtout cette minéralité profonde qui nous amène complètement sur la pierre au bout d’une très belle finale. Un de mes meilleurs GW des 12 derniers mois qui ne peut qu’encore gagner qu’en profondeur avec les années.

12. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2007

20 eur ;  sols  marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

Sauvé des eaux grêleuses, ce gewürztraminer montre plus d’évolution à la robe que son cadet de 2010. Le nez est tout aussi puissant, complexe, avec en plus des notes perçues en 2010, une impression d’aller plus sur le pinot gris avec aussi  quelques belles notes végétales. En bouche, l’acidité est toujours aussi bien marquée, elle équilibre parfaitement une matière fruitée et ronde où le raisin de Corinthe est à nouveau très présent, la minéralité conférant enfin à l’ensemble une austérité très noble. La finale est très longue, fraiche, très balancée entre sensations de terroirs et fruit gourmand. L’évolution de ce vin le rend encore plus accessible, plus buvable que le 2010 ; on atteint ici clairement des sommets, avec le seul bémol que sur la grande durée, il devrait se faire doubler par son cadet.

13. Gewürztraminer Grand Cru Marckrain 2009

20 eur ;  sols  marno-calcaires plus lourds et très ferrugineux

Si la robe est encore jeune, on n’atteint pas ici les niveaux des deux vins précédents. Le nez est plus végétal, plus mentholé. Plus sucré, plus boudeur, plus féminin, ce vin est toutefois bien plus équilibré que le riesling V/V de par son acidité plus franche et sa minéralité plus sensible. Un côté métallique me perturbe sur la finale de bonne facture. Si on n’e touche pas les sommets, ce vin confirme que 2009 a été plus généreux pour les Gewürztraminer.

Conclusions

Le groupe qui a participé à cette dégustation a pas mal d’expérience et n’a pas l’habitude  de  s’enthousiasmer avec des notes généreuses sans raison, mais ici, on ressent une véritable unanimité sur la qualité de la gamme entière  proposée : 14,5/20 de moyenne et un écart-type moyen minimal  (

Laurent Barth est vraiment  un des nouveaux visages les plus attachants du vignoble alsacien. Très certainement, il faut lier cela, au-delà de la qualité des vins, à sa timidité, sa simplicité, sa sincérité et sa grande sensibilité alliées au sentiment énorme de passion qui se dégage de sa personnalité.  Rien que l’étiquette sobre et superbe à la fois en est une belle image.

Je suis intimement persuadé que le vignoble alsacien tient là un de ses plus grands vignerons, mais vu le personnage, les medias auront probablement fort à travailler pour en faire une star… n’est-ce pas mieux ainsi ?

Pour en savoir plus visitez l’excellent site http://www.vinht.tv/Laurent-Barth.html  et ses vidéos instructives.

Coordonnées

Domaine Laurent Barth
3, rue du Maréchal de Lattre
68630 Bennwihr
Tél/Fax: 03 89 47 96 06

Posté par PBottcher à 12:24 - Domaines à la une - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]




09 janvier 2012

Vindicateur !!!

Jeudi soir, 5 janvier 2012, le site Vindicateur a fait l'objet d'une attaque ciblée et ses données ont été totalement inaccessibles pendant 4 jours.
Depuis ce lundi 9 janvier à 11 heures, Antonin, le sympathique gestionnaire de ce site a pu récupérer une grande partie de ses données et les remettre en ligne sans que cela ne pose finalement trop de soucis, l'émotion, bien sûr, mise à part.

Je ne peux que m'interroger avec beaucoup d'incrédulité sur la raison d'un tel acte de malveillance.

Vindicateur

Eva Robineau sur son site web Oenos nous rappelle avec justesse combien le site Vindicateur est à la fois utile, sympathique et empreint d'un franc parlé que nous apprécions vraiment tous :

Vindicateur est une formidable base de données sur les vins, un guide dans lequel Antonin compile méticuleusement les notes de guides professionnels, qu’il pondère avec des notes d’amateurs, pour nous donner une appréciation au plus juste de la note d’un vin. Pour guider les amateurs dans leur choix. Pour avoir participé moultes fois à ces séances de notation (oui, mon foie a donné de sa personne!), je sais qu’Antonin et ses deux comparses font cela par pure passion et ce, depuis plus de trois ans.

Mais Vindicateur est aussi un blog qui vit à travers la plume d’Antonin, une plume juste et affutée qui titille le vin et met souvent le doigt là où il le faut. Mais toujours, toujours, avec beaucoup d’humour et sans méchanceté. Il fait du bien au vin et il continuera quand tout sera rétabli (en plus, c’est un fabuleux conseiller en jeux de mots plus ou moins pourris).

Je n'ai rien à ajouter à ceci si ce n'est que je ne peux qu'espérer que cette information sera relayée par le plus grand nombre possible de blogs, ainsi que que par un maximum de posts sur Facebook et sur Twitter, afin que l'action délétaire de ce piratage se transforme en communication positive à l'égard d'Antonin et de son site Vindicateur.

Vous pouvez aussi soutenir Antonin et son site en votant pour lui sur WineBlogTrophy

Quelques autres réactions de soutien :

Le Blog d'Olif (Olivier Grosjean) : "Hacker sans Coeur vs Vindicateur"

La Pipette aux 4 vins (Philippe Rapiteau) :" Vindicateur hacjké menu !"

Du Morgon dans les Veines (Guillaume Nicolas-Brion) : "Le site Vindicateur visé par un acte malveillant"

Oenos (Eva Robineau) : "Vindicateur à coeur"

Chroniques Vineuses (Hervé Lalau) : "Qui pirate le Vindicateur  et pourquoi ?"

Afterwork du Taulier (Jacques Berthomeau) : "Que vive Vindicateur"

Libé Food :

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05 janvier 2012

Les VDVs Brusseleirs fêtent Nawel

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Fêtent St-Nawel

En décembre, il n’y a pas de thème des Vendredis du Vin, parce qu’il y a, pendant tout le mois, pour tous les glouglouteuses et les glouglouteurs de France, de Navarre et bien plus loin, le Calendrier de l’Avin d’Eva et qu’il est un peu difficile de mélanger deux aussi importants chef d’œuvres du partage vinique.

Cela n’empêche évidemment pas de festoyer, même et surtout en dehors du 24 et du 31…

… Rien que parce que le Père Basin a retrouvé son oie… Une offrande prématurée du grand barbu à la capuche écarlate ?

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Et… tout arrive aux joyeux sociétaires des « Vendredis du  Vin Brusseleirs » (VdVB), même un Nawel Blanc… Car c’est le 16 décembre, seul jour neigeux de l’Avent (et de l’après ?) qu’était organisé le Nawel de notre bande de doux dingues dans nos habituelles installations dites « chez Basin » qui, avec l’aide du SuperSion* nous avait décoré la place comme il se doit.
* (Appellez-le « Super »)

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Même de petits cadeaux avaient fait leur apparition sous le beau sapinte du jour…. Ils avaient une forme bizarre…. Comme c’est étrange….

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En plus, sur son traineau, le Père Noël nous avait amené une nouvelle recrue à qui le glou ne la fait pas… j’ai nommé Monsieur Jef…. Encore un qui va pas provoquer une récession dans le nombre de quilles au programme….

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Côté table, on est maxi gâtés comme d’hab avec ce que les Rois et les reines mages du jour ont apporté sur leurs ânes, y a même des gens qui disent qu’il y avait un bon kilo de foie made in Jean-Yves du Coin des Artistes…. Y en a…

Occasion enfin de mettre enfin au point notre système de cotation des vins fait de types d’unités diverses, la chaussette en étant une, vous découvrirez d’autres plus loin…

Et j’en vois d’ici dire mais combien donc de flacons au programme ?  Euh… 14, sans les afters… on a été calme, non ?

Bon, allez, roulez les quilles… On commence par des bulles… celles de Lucas Rieffel avec son Crémant d’Alsace Extra-Brut. Le jury décerne 2 chaussettes dont une de laine.

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Une bien belle bubulle qui n’a rien à envier à d’autres plus réputées… une bouche fraiche, tendue, sans amertume, avec de la longueur, en plus…. Elle a tout d’une grande cette bubulle…

Toujours pour rester en bulle, direction l’Anglore avec le Pet Nat « Chemin de la Brune » 2010 d’Eric Pfifferling. Le nez est un poil « space », à géométrie variable, avec des notes tantôt animales, tantôt pamplemousse, tantôt orange amère…. Une chaussette de soie quand même !

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La bouche est presque totalement tranquille, ça fait vin sec et frais, enfin, je trouve tout cela pas mal, mué,… mais tout le monde n’apprécie pas trop l’amertume ambiante…. Une des petiotes associerait bien la chose à  du chocolat amer…. Pourquoi pas ? Hein !

Avec la quille suivante, on quitte les bulles pour un Sauvignon doux de Loire 2002 du Domaine des Bois Lucas dont le trouble léger de la robe n’effraie pas une âme avide de glou. Le nez est totalement explosif, complexe avec des agrumes frais, du floral, des essences de fruits confits et même quelques notes d’hydrocarbures.

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En bouche, l’équilibre est parfait entre fraicheur, amertume et fruit (orange sanguine, pamplemousse rose). En plus la longueur est au rendez-vous  avec une fraicheur persistante. Trois paires de chaussettes neuves sans hésitation !

On passe ensuite au « Vin Naturel sans Intervention Vulgaire » de Marc Pesnot avec « La Bohème », Vin de Pays Nantais 2010. Et quel nez à nouveau ! Ca flaire bon les fleurs, les pommes mûres et même le silex….  Waouw !

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La bouche est très tendue, au bord du perlant,  avec un équilibre superbe sur le minéral d’une austérité magnifique. Plus le vin évolue en bouche, plus le fruit donne de sa personne… superbe et très belle découverte en ce qui me concerne. Quatre chaussettes et deux ratons laveurs, sans la moindre hésitation.

Changement de cap et pas un peu avec le machin suivant, soit le particulièrement prononçable Riesling Kabinett Trocken 2005 du Schloss Johannisberg en Rheingau dont la robe est un modèle de ce qu’on peut appeler « or ». Mais alors, Laure, l’or, ne s’arrête pas à la robe… dis-le-toi bien ! Passons la  très fine pointe de SO2 pour découvrir un nez d’une puissance inouïe et complexe à donf. Parfaitement sur les arômes secondaires avec des hydrocarbures magnifiques qui viennent se lier à un tapis de fleurs et de fruits. Kolossal !

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En bouche, on reste sur la même note grandiloquente : l’acidité tendue à faire fuir l’émail de défense de mammouths mais subtilement tempérée par le fruit généreux et la minéralité massive. La longueur, quant à elle, est indéfinissable, puisqu’elle ne finit pas…. Fait-on mieux dans le genre ? Et est-ce bien raisonnable ? Il y a des raisons que la raison ignore… allez, 3 chaussettes, 3 étoiles de Noël, 2 Panzers et une famille de ratons-laveurs.

Et puis, voguons, amis, sur les fleuves de l’étrange avec le  Vin d’Montbled,  Vin de Table à base de Chardonnay de Guy Blanchard qui comme le montre sa carafe a tout de la robe d’un chardonnay….

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Mais à Bruxelles comme au Vindicateurland, nous avons nos Avinturiers de la Cruche Perdue… Rien ne nous arrête dans notre « soif »  de la connaissance (non, peut-être NDLR). Au nez, c’est assez space aussi, très normand, on a l’embarras du choix : poire ou pomme. Bon il y a un peu de floral, aussi, j’avoue. La bouche paraît bien équilibrée, tendue à souhait et bien plus minérale qu’on pouvait s’y attendre.

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 En finale, c’est le come-back de Monsieur Poire et Madame Pomme, avec de l’alcool. On laisse le dernier mot à Philippe qui déclare :

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Quittons une certaine forme de notes oxydatives pour d’autres, moins aventureuses, du moins plus classiques avec un  Côtes du Jura Savagnin 1993 de Berthet Bondet .

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Au nez pas de doute, on est bien sur un savagnin qui en a vu, et il semble bien que beaucoup d’entre nous raffolent de cette chose. Personnellement, je suis toujours frappé par le côté droit et sec de ce type de vin et plus encore de leur tenue, pratiquement impérissable. En finale, le côté sec a un peu tendance, ici, à s’arrondir, sous une impression d’alcool qui tire plus vers le Macvin que le Vin Jaune. Cela reste très bon en tous cas ; sans la moindre hésitation : 3 chaussettes !

Et le foie gras dans tout cela… Et bien, il attendra, faut dire que les victuailles ne manquent pas, principalement de plantureuses cochonailles…. Ceux qui ont connu la Saint-Glou, eux, ils savent !

Donc avant le foie, les rouges…

Et pour commencer, on attaque avec une « pointure » de la cave au Basin, le Nuits-Saint-Georges 1er Cru « Clos des Argillières » 2008 du Domaine de Chassorney (Fred Cossart).

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Conforme à la robe, le pif surprend un peu plus…. Sous une puissance phénoménale, on retrouve un fruit mûr, très « nature », mais aussi des notes plus rustiques, presqu’animales. Ya pas à dire, ça y va ! En bouche, le fruit domine sur un équilibre parfait avec des tanins présents mais souples, presque fondus, c’est à la fois profond et gourmand. Mais le plus spectaculaire de la chose, c’est l’énorme longueur perçue. Excellent : 3 chaussettes norvégiennes et une £/@%$#.

Pour suivre, notre novice qui en a vu d’autres nous propose un Saint-Chinian « Les Coccigrues » 2007 de Yannick Pelletier. Moi qui vient de goûter la gamme des 2009 et de déclarer cela « découverte de l’année enLanguedoc », je ne peux que me réjouir !

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La robe est très dense et au nez , on sent le changement de cap au Sud assorti ici aussi de quelques notes animales, même si cela reste très jeune et largement sur le fruit. La bouche est superbe, dense, structurée, fraiche avec un fruit justement relevé par des tanins de grande finesse. Seule la finale, qui aurait pu être un poil plu longue, montre un peu de solarité, mais globalement, on garde ici la profondeur que j’avais admirée sur la même cuvée en 2009. 3 chaussettes noires, 1 paire d’espadrilles et 2  £/@%$#.

Troisième et dernier rouge et au tour de In Cot We Trust 2009 de Thierry Puzelat

Au nez, j’suis bluffé (et je suis pas le seul). Ça me fait vraiment penser à du pinot noir avec des effluves de pivoine. Le côté « Natjuur » est là aussi. En bouche, l’acidité, limite pétillante agresse un peu. Ensuite, il y a quand même un peu de bizarre… l’aromatique est caoutchouteuse, sanguine, soupe aux légumes, pivoine, terreuse…. Y a le choix.

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J’aime le caractère, Lulu la Nantaise ne me fait pas peur, mais quand même… ou alors, inculte que je suis, que nous sommes, tout cela est bien trop tôt… ou il aurait fallu carafer… allez 1 chaussete de l’espoir er et une £/@%$#.

Avec le Foie Gras du Père Jean-Yves, viennent les susucres…  Mais avant d’aller à l’or, profitons d’un petit interlude publicitaire. Jean-Yves, c’est le patron du Coin des Artistes, celui qui fait les plus grands cassoulets du monde, tout le monde sait ça ! Mais son art ne s’arrête pas au Cassoulet… Le bonhomme, il doit descendre d’une nuit d’idylle entre une muse-cochonne et un canard-gourmand, pas possible autrement… bref qu’on soit cochon ou canard, si on passe dans ces mains, le résultat est toujours au poil (ou à plume)… et le foie gras de cette soirée était PAR-FAIT, cqfd.

Premier sucre, le Pinot Gris Windsbuhl VT 2005 du Domaine Zind-Humbrecht. L’or brillant et dense nous annonce qu’il  va y avoir de la matière. Le nez est puissant, terriblement complexe, à des lieues du cépage et à l’abri de notes champignonneuses. La bouche a conservé une acidité étonnante (limite pétillante)  qui empêche toute impression sirupeuse  et au contraire rend le fruit extrêmement croquant.

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La finale, légèrement plus sur les amers que le milieu de bouche, a la profondeur de la galaxie… mais pouvait-on en douter vraiment… Enorme vin, superbe avec le foie, en plus. 5 caisses de chaussettes, ni plus ni moins !

La quille suivante vient de notre petite photographe attitrée. En quête de douceur, la demoiselle n’hésite jamais de regarder du côté de l’île de beauté et de la famille Arena, où paraît-il les hommes ont la beauté de leurs vins…. Si ça lui fait plaisir, pourquoi s’en priver, hein ?

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Place donc au Muscat du Cap Corse 2005 d’Antoine Arena. Que dire, maintenant… si je sourcille, on va me taxer de jalousie bien masculine.  Mais, au nez,  y a pas vraiment du Muscat, so sorry… Bon, c’est pas grave parce que le côté curry perçu, c’est pas mal non  plus…. Y a du botrytis, aussi. Bon, allez, c’est quand même pas un océan de complexité au pif. En bouche, par contre, on retrouve un joyeux compromis entre fraicheur, fruit, confiserie et floral… du coup, on retrouve le plaisir gourmand recherché, non, mais… 3 chaussettes et 2. Pas de discussion possible.

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Et après cela, il y a encore eu deux vins qu’il faudrait revoir, parce qu’ils ont un peu, même beaucoup déçu, alors qu’il s’agit de monstres : le Riesling Grand Cru Brand VT 2006 du Domaine Zind-Humbrecht, s’il embarquait matière et fraicheur s’est montré trop champignonneux et le Coteaux du Layon « Anthologie » 1997 de Philippe Delesvaux bien trop bouchonneux pour qu’on puisse apprécier vraiment cette paire de £/@%$#...

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Après, il y a eu encore des afters, au moins trois, je pense, avant qu’on n’aille goûter une bonne petite bière, comme il se doit, chez les belges, mais ni ma mémoire, ni ma pauvre petite main convalescente ne parviennent à en accoucher mot… les victimes de cette ellipse me pardonneront bien, hein, non, peut-être, oui, j’en ai bien peur !

Pour laisser encore flotter longtemps le souvenir d’une énAUrme soirée, quelques images valent bien mieux qu’une paire de chaussettes ou de £/@%$#...

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Vivement janvier, où le morgonnesque Guillaume Nicolas-Brion endosse la toge de président des Vendredis du Vin pour nous emmener en voyage….

Vivons glou, vivons bien !

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03 janvier 2012

Le Domaine Dirler-Cadé

Le Domaine Dirler-Cadé

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Direction le Sud de l’Alsace viticole pour une dégustation qui me tenait à cœur, tant l’accueil au domaine a toujours été exceptionnel, j’ai nommé le Domaine Dirler-Cadé.

La grande majorité des illustrations sont issues de l’excellent article de Pierre Radmacher sur le Grand Cru Kessler et le Domaine Dirler, article que je ne peux que conseiller à la lecture : http://pierre.radmacher.over-blog.com/article-le-kessler-selon-jean-pierre-dirler-56115311.html.

Généralités

Si la famille Dirler-Cadé possède une majorité de ses parcelles sur le ban de Guebwiller, c’est à quelques encablures, à l’Est,  dans le village voisin de Bergholtz que la famille Dirler a élu domicile.
Le domaine est géré par Jean Dirler et Ludivine Dirler-Cadé depuis leur mariage en 1998, et résulte, aujourd’hui de l’association des parcelles des familles Dirler de Bergholtz (vieille lignée qui date de 1871) et Hell-Cadé de Guebwiller, raison pour laquelle le nom du domaine est modifié à cette époque de Dirler en Dirler-Cadé.

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Aujourd’hui le domaine possède 18 hectares de vignes dont 42% sur les 4 Grands Crus de Guebwiller (2,5 hectares sur le Grand Cru Kessler).
Les vendanges de 2011 ont été particulières au domaine, marquées par la naissance, le 14 septembre, de Mathilde, 3e enfant de Jean et Ludivine.

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Le jeune couple est encore largement secondé par Jean-Pierre et Marthe Dirler, les parents de Jean, qui ont gardé l’habitude d’accueillir généreusement les visiteurs au caveau spacieux et original. 

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Et quand on dit généreusement, le mot est faible, puisque lors de ma dernière visite, ce ne sont pas moins de 61 bouteilles qui sont passées en dégustation, toutes défendues avec passion par Jean-Pierre, qui pour chacune d’elles, de mémoire pouvait me citer les valeurs de sucres résiduels et d’acidité.

Il n’est pas étonnant, cependant, d’arriver à un tel nombre de quilles en dégustation chez les sociétaires de Bergholtz… tant leur nombre de parcelles, principalement sur le ban de Guebwiller, est impressionnant. Si Bergholtz partage une partie du Grand Cru Kessler avec sa voisine, c’est bien Guebwiller qui offre au visiteur la particularité de posséder 4 grand Crus sur son ban : Kitterlé, Saering, Kessler et Spiegel.
En plus de leurs nombreuses parcelles sur ces 4 Grands Crus, dont la très qualitative « Heisse Wanne », la famille possède encore des vignes sur pas mal de lieux dits avoisinants de très bonne renommée : Belzbrunnen, Schwarzberg, Bux, Schimberg et Bollenberg. 

Comme la philosophie du domaine est en plus de conserver à la vente les millésimes sur plusieurs années, jamais pressée de « lâcher » le dernier millésime, ce sont pas moins de 80 références qui se retrouvent au catalogue.
Si le Riesling est vraiment le cheval de proue du domaine, tous les cépages alsaciens se retrouvent au tarif, avec un bel intérêt pour le Muscat.
On imagine donc bien toutes les facettes aromatiques et tactiles que revêt une dégustation des vins du domaine.

Pas étonnant, non plus, dès lors qu’un tiers des ventes (+- 100.000 cols/an) soient réalisées au domaine alors que 50% de la production fait l’objet d’exportation. 

Terroirs 

Lieu-dit Bollenberg

Terroir calcaire situé à Orschwihr à la limite des bans de Soulzmatt et Rouffach dont le domaine exploite 0,35 ha, principalement en riesling,

Lieu-dit Bux

Terroir argilo-marno-gréseux situé à Guebwiller, dont 0,8 hectare sont exploité par le domaine, principalement en pinot gris et gewurztraminer.

Lieu-dit Schimberg

Terroir gréso-volcanique situé en face de Guebwiller  dont 0,8 hectare exploité par le domaine en pinot gris.

Lieu-dit Schwarzberg

Terroir argilo-marno-gréseux situé à Bergholtz, dont 0,4 hectare sont exploité par le domaine en pinot gris.

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Lieu-dit Belzbrunnen

Ce lieu-dit se situe en contrebas du Grand Cru  Kessler avec la même exposition Est ;  les sols  sont de nature sablo-argilo-gréseuse. Le domaine y exploite 1,9 ha et le riesling y est majoritaire

Grand Cru Kitterlé 

Situé au nord de Guebwiller, le Kitterlé se présente en fer à cheval sur le massif de l’Unterlinger dont il occupe la base, entre 270 et 360 mètres sur un sol à forte pente qui nécessite une culture en terrasses. Selon la face du « fer » où l’on se situe, les expositions varient du sud-est au sud-ouest, ce qui lui confère déterminent des conditions climatiques assez variable même s’il est lui aussi fort bien abrité des vents du nord. Sur une assise gréso-volcanique, on retrouve un sol léger, mélange de sable et de graviers. Sur les 26 hectares du Grand Cru, le domaine exploite environ 1 hectare, principalement en Gewürztraminer.

Grand Cru Saering 

Situé en avant-Colline au Nord-Est de Guebwiller, en léger contrebas du flanc Est du Kitterlé et de l’Ouest du Kessler, entre  260 et 310 m, le Grand Cru Kitterlé  est de nature assez lourde,  marno-calcaro-gréseuse avec des veines calcaires qui peuvent être occasionnellement affleurantes.
Sur la superficie totale de 27 hectares, le domaine exploite environ 1,5 ha en  Riesling, Gewürztraminer, Muscat et pinot Gris. Des 4 Grands Crus du domaine, le Saering est certainement celui qui fournit les vins les plus ronds et les plus fruités.

Grand Cru Kessler 

Le Kessler est le Grand Cru le plus réputé de Guebwiller. Son nom signifie « Marmite » en alsacien« Marmite », nom qu’il a hérité de sa parcelle la plus connue, sis au milieu du Cru, La Heisse Wanne (Cuvette Chaude) d’où est issu la cuvée emblématique du domaine Dirler en Riesling.
Ces noms viennent du fait que ce terroir et particulièrement la cuvette de la Heisse Wanne sont très bien protégés des vents du Nord, de par l’orientation Est, Sud-Est qui les protège des vents froids émanant de Guebwiller, de par le Ballon d’Alsace, tout proche,  qui joue, comme pour la Vallée Noble, son rôle de bouclier et de par la forme encaissée du Grand Cru.
De pente forte à assez forte, ce terroir, situé entre 300 et 390 mètres sous la forêt, fait partie de la famille des terroirs gréseux (sols lourds), soit des colluvions de grès rouge  et d’argile qui recouvrent un socle calcaire. En surface, on retrouve des sables rouges très caillouteux issus de cette assise. D’une superficie totale de 28,5 ha, un peu plus de deux sont exploités par le domaine en Riesling, Gewürztraminer et Pinot Gris.
Malgré sa réputation de terroir « chaud », les vins conservent le plus souvent beaucoup de finesses et de fraicheur, tout en étant extrêmement minéraux.

Grand Cru Spiegel 

Adjacent à la limite inférieure du Kessler, le  Spiegel s’étire de 260 à 305 mètres  en pente douce, en mi-coteau, entre les bans de Guebwiller et de Bergholtz.  D’orientation Sud, Sud-Est, le Spiegel possède des sols de nature marno-gréseuse, plus marneux sur son versant Sud et plus argileux avec des veines calcaires sur son versant Sud-Est. Sur environ un hectare des 18  de la superficie du Cru, le domaine exploite principalement du Muscat, du Riesling sur sols plus calcaires à l’Est et du Gewürztraminer sur les  sols plus marneux au Sud.

Viticulture

Si la réputation des Dirler a toujours été de produire des vins droits, secs et ciselés, ils ont encore gagné en précision et en salinité avec le passage en biodynamie dès 1998.

Si l’on attribue cette impulsion à Jean, il faut reconnaître qu’elle a été largement soutenue par son père que cette méthode de viticulture passionnait depuis pas mal d’années auparavant.
Parallèlement à l’application des principes de la biodynamie, la plus belle conquête de l’homme est venue remplacer les machines pour les labours.

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Le domaine a été labellisé Biodivin à 100% en 2007
Les vignes sont effeuillées sélectivement à la main afin de mieux contrôler les maturations et, pour fixer les vendanges, la nature des peaux et des pépins revêt une importance égale aux données analytiques.

Vinifications

Au caveau, après un tri, les raisins sont passés entiers sous pressoirs pneumatiques (le domaine en possède deux). Chaque cuvée fait ensuite l’objet de décisions variées selon l’objectif désiré et en fonction de la concentration en matière. Si l’ensemencement naturel est favorisé, il n’est pas rare que le domaine juge nécessaire de pratiquer un levurage  sélectif. Les fermentations sont prolongées de 3 semaines à 3 mois environ, selon les nécessités.
Les élevages se font sur lies fines,  en fonction des cuvées, en cuves inox ou en futs (75%/25%), et cela, sans battonage. Les sulfitages sont très faibles mais les Dirler refusent de s’en priver, les considérant comme indispensables. La plupart des cuvées est mise en bouteille au mois de juin qui suit les vendanges, certaines cuvées sont prolongées jusqu’à 12 mois.

Dégustation

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  1. Pinot Noir « Ludivine » 2009
  2. Pinot Blanc 2008
  3. Muscat Grand Cru Spiegel 2007
  4. Riesling Belzbrunnen 2008
  5. Riesling Grand Cru Saering 2008
  6. Riesling Grand Cru Saering 2007
  7. Riesling Grand Cru Saering 1999
  8. Riesling Grand Cru Spiegel 2008
  9. Riesling Grand Cru Spiegel 2007
  10. Riesling Grand Cru Kessler 2008
  11. Riesling Grand Cru Kessler “Heisse Wanne” 2008
  12. Gewürztraminer Grand Cru Saering 2008
  13. Gewürztraminer Grand Cru Kessler 2008
  14. Gewürztraminer Grand Cru Kessler Vendanges Tardives 2007

Les vins ont été servis à une température de 10° après avoir été ouverts préalablement 6 heures auparavant.

1. Pinot Noir « Ludivine » 2009

Rendement : 50 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 3,2 g/l - Sucre résiduels : 0,6 g/l - alcool : 14,2° -  prix (domaine) : 13,5 eur

La robe est dense, pourpre foncé. Au nez, on ressent une belle structure avec une dominante de fruits mûrs et d’épices,  l’élevage est présent mais sans excès (20% de barriques). La bouche est classique, riche comme souvent en Alsace pour ce millésime, mais sans chaleur et avec un très bel équilibre entre amers, tanins et fruit.  Globalement, si ce vin n’atteint pas des sommets de longueur, il gagne beaucoup sur la buvabilité. Très plaisant.

2. Pinot Blanc « Réserve »  2008

Rendement : 65 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 4,8 g/l - Sucre résiduels : 7,2 g/l - alcool : 13,1° - prix (domaine) : 6,8 eur

La robe est jaune clair, très jeune.  Le nez est puissant, d’emblée, et terriblement exotique en plus de notes de miel et quelques touches lactées. On retrouve ces impressions en bouche où l’acidité apporte beaucoup de fraicheur. Mais le vin semble avoir été destiné à une certaine forme de rondeur apéritive que certains apprécieront sans nul doute. Moi, de mon côté, j’y vois un peu trop de « travail » et une aromatique assez monolithique. A prendre donc pour quoi il est destiné.

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3. Muscat Grand Cru Spiegel 2007

Rendement : 59 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 3,3 g/l - Sucre résiduels : 4,9 g/l - alcool : 12,2° - prix (domaine) : 12 eur

La robe est très claire, pâle comme souvent pour les muscats secs.  Le nez est à nouveau assez puissant, d’entrée très muscat, puis évoluant vers des notes florales (thé, verveine) et végétales herbacées. On y retrouve aussi pas mal d’épices. La bouche est très équilibrée entre la fraicheur encore très présente, le gras et le fruit. On ressent en plus des arômes du nez, des notes nettement plus minérales, surtout sur la longueur de très belle facture. Une excellente surprise.

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4. Riesling Belzbrunnen 2008

Rendement : 55 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 6,2 g/l - Sucre résiduels : 7,2 g/l - alcool : 13,2° - prix (domaine) : 12,5 eur

La robe est jaune-vert très clair. Le nez est puissant, assez primaire, totalement, éperdument riesling, droit, pur et citrique. En fin d'aération, quelques notes secondaires pointent du nez ce qui laisse augurer d'une belle évolution prochaine.
L'attaque de bouche est surtendue, un arc  Parthe qui décoche une flèche de droiture. Fillettes, passez votre chemin, mais moi, j'adore... totalement. Et comme en milieu de bouche, l'équilibre est parfait avec beaucoup de fruit et de salinité... Cette quille  a tout pour me déclencher une petite... émotion. La longueur, énorme, est totalement sur la salinité.... un très beau vin de pierre.... un énorme rapport qualité-prix.

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5. Riesling Grand Cru Saering 2008

Rendement : 45 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 6 g/l - Sucre résiduels : 8 g/l - alcool : 13° - prix (domaine) : 16,5 eur

La robe est jaune-vert respirant de jeunesse.  Le nez assez fermé de prime abord livre des arômes pierreux, fumés avec une pointe de menthol qui rappelle des notes légèrement solaires. En bouche, malgré la jeunesse, l'équilibre est bien présent, avec une grande impression de droiture sans pour autant que l'acidité paraisse excessive. Globalement on est plutôt sur des impressions austères avec pas mal de salinité, le tout sur un registre assez sec à très sec. On se serait attendu à une longueur plus évidente, plus ronde. Finalement, je reste sur une impression de vin "en attente", tout comme ce fut le cas pour pas mal de 2007, il y a un an, avant d'aborder les arômes secondaires. A revoir, évidemment.

6. Riesling Grand Cru Saering 2007

Rendement : 58 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 5,5 g/l - Sucre résiduels : 4,8 g/l - alcool : 13,1° - prix (domaine) : 14,5 eur

Si la robe a conservé sa jeunesse, le nez est bien plus ouvert, avec des arômes secondaires floraux et d'hydrocarbures bien présents.  Mais ce qui domaine, c'est l'exotisme presque sudiste avec de l'ananas et du fruit de la passion. En bouche, on a un très bel équilibre à la fois tendu, minéral, globalement sec avec moins d'impression d'exotisme. L'amertume est par contre bien présente, surtout sur la finale de belle longueur. Cette amertume est-elle minérale ou plutôt lié à un alcool assez présent... le groupe est partagé... attendre, ici aussi, semble s'imposer.

7. Riesling Grand Cru Saering 1999

Rendement : 60 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 4,6 g/l - Sucre résiduels : 25 g/l - alcool : 11,8° - prix (domaine) : 13,8 eur

La robe est nettement plus évoluée d'un bel or légèrement ocré. Au nez on retrouve totalement ces arômes qui captivent tellement les LPViens sur le Kirchberg 1999 de Louis Sipp : hydrocarbures, floral et zestes confits d'oranges et de citron. C'est assez splendide. La bouche démarre très bien, avec une acidité maîtrisée qui apporte encore beaucoup de fraicheur. On retrouve ces aromes de zestes confits d'orange et d'orange amère agrémentés de massepain jusqu'en milieu de bouche. Ce serait vraiment parfait si il n'y avait le sucre en élément un peu perturbateur, qui pour moi, est légèrement trouble-fête. Finalement, un  beau vin, mais d'un style qui ne correspond pas exactement au style actuel, plus influencé par la biodynamie. Je parie que Monsieur Bettane apprécierait... toutefois.

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8. Riesling Grand Cru Spiegel 2008

Rendement : 45 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 6,2 g/l - Sucre résiduels : 5,2 g/l - alcool : 13° - prix (domaine) : 16,5 eur

Retour à une robe jeune et claire, jaune-vert. Le nez est fin, sans énorme intensité, avec des notes mentholées assez soutenues. Très vite, à l’aération, des notes pierreuses viennent se joindre à cette aromatique pour donner de belles impressions de complexité. En bouche, si la complexité est toujours de mise, la puissance et la concentration s’expriment bien plus, que ce soit à travers l’acidité, l’extrait (presque rond) et surtout l’impression de salinité. Confirmation d’un superbe vin en finale, très longue avec une impression de netteté impressionnante. A ne pas louper !

9. Riesling Grand Cru Spiegel 2007

Rendement : 55 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 5,3 g/l - Sucre résiduels : 2,3 g/l - alcool : 13,4° - prix (domaine) : 14,5 eur

La robe est toujours très jeune. Le nez, assez puissant, oscille entre notes primaires citronnées et une énorme sensation de roche humide. Confirmation de cet aspect « pierre » en bouche, d’autant que l’acidité très structurée potentialise ces notes. Malgré le millésime pas toujours chargé en matière, le milieu de bouche apporte suffisamment de fruit et de rondeur pour éviter une certaine austérité. Plus on avance dans les perceptions, plus cette impression d’équilibre est perceptible. En toute fin de bouche, quelques belles notes épicées viennent compléter un tableau proche de la perfection. A boire ou à garder encore de longues belles années.

10. Riesling Grand Cru Kessler 2008

Rendement : 50 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 6 g/l - Sucre résiduels : 8,3 g/l - alcool : 13,1° - prix (domaine) : 17 eur

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La robe est jaune-vert, très claire sans la moindre marque d’évolution.  Le premier nez est très fermé et une agitation certaine est nécessaire à faire apparaitre une aromatique fine et complexe, moisson de notes citriques, florales et de pierre à fusil qui se marque de plus en plus avec le temps.  La bouche parle sur la matière version silex pour la chasse au « gros »…. droite, pure, ciselée, saline, saline, saline…. Mais en plus, et malgré la jeunesse, on a un vrai plaisir à boire ce vin. Mon modèle de Kessler !

11. Riesling Grand Cru Kessler “Heisse Wanne” 2008

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Rendement : 35 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 6 g/l - Sucre résiduels : 5,1 g/l - alcool : 13,4° - prix (domaine) : 18,5 eur

Imaginons le vin précédent avec tout encore plus concentré…. Too much ? Non, parce qu’en plus , ici, la « Cuvette » joue son rôle en apportant nettement plus de fruit, de solarité. Il s’agit indéniablement ici d’un « monstre » taillé pour le temps, une bouteille qui va faire couler des larmes de bonheur dans 15 ans….

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Sa longueur immense en est déjà témoin. En attendant que tout cela se fonde, on patientera bien quelques années avec le Kessler classique. Félicitations à toute la famille pour cet énorme fruit du travail !

12. Gewürztraminer Grand Cru Saering 2008

Rendement : 55 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 3,7 g/l - Sucre résiduels : 18,7 g/l - alcool : 13,9° - prix (domaine) : 14,4 eur

La robe, bien que plus soutenue est très claire pour un gewürz…  Le nez me paraît un peu (ou encore assez) variétal avec une rose assez présente. Il est anobli par des impressions de zestes confits d’agrumes. La bouche est fraiche, ce qui apporte beaucoup d’équilibre à ce vin qui se goûte étonnamment sec sur l’équilibre. Le vin manque toutefois un peu de précision et vu la longueur, moyenne, un léger doute persiste sur une éventuelle action délétère du bouchon. A revoir.

13. Gewürztraminer Grand Cru Kessler 2008

Rendement : 35 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 3,5 g/l - Sucre résiduels : 31,4 g/l - alcool : 14,2° - prix (domaine) : 17 eur

Tout paraît ici plus « net » que pour le précédent Saering à commencer par le nez, pus serré, mais pus fin aussi, plus floral enfin, même si le cépage reste reconnaissable.  En bouche, si le bond en suce résiduels est perceptible, le vin reste équilibré pare que la tension y est très vive, de plus les sensations minérales et les beaux amers, surtout en finale, complexifient parfaitement l’édifice. Avec beaucoup de puissance et de classe, ce vin s’inscrit réellement dans la méditation, bien plus que dans la gastronomie simplement.

14. Gewürztraminer Grand Cru Kessler Vendanges Tardives 2007

Rendement : 40 hl/ha - Acidité (H2SO4) : 3,6 g/l - Sucre résiduels : 94,4 g/l - alcool : 12,1° - prix (domaine) : 25 eur

Bien plus évolué à la robe,  ce vin ne triche pas avec nos sentiments, il est là clairement pour faire parler la générosité. Puissant et complexe au nez avec du fumé, des fruits confits, des notes variétales et même quelques touches pierreuses, il impressionne en bouche par sa matière embarquée. Si l’acidité et la salinité sont est heureusement présentes pour empêcher une impression sirupeuse, cela reste le fruit croquant, version pâte de fruit, qui domine les débats, le tout avec une classe étonnante pour une VT de Gewürztraminer. Un bien beau moment de plaisir, pur !

Conclusions

J’aime vraiment beaucoup ce domaine, d’abord par son accueil, ensuite par sa volonté de toujours chercher, dans une certaine forme de tradition, à faire des vins plus purs, plus précis et plus droits, sans toutefois se refuser du fruit ou de la solarité dans certaines cuvées.
Mais je pense qu’avant toutes choses, ce que j’ai goûté ici me rassure dans MA certitude de l’influence du terroir sur les vins à une époque où je lis de plus en plus certains écrits mettre en doute l’effet du sol au profit du seul art de l’homme. Pourquoi,? Parce qu'en balayant ainsi tant de vins différents, pour un même cépage ou non, on obtient sur un même millésime, une palette extraordinairement variée de vins allant des solaires Saering aux religieux Kessler, allant du fruit à la pierre, alors que plus probablement, l’homme, derrière tout cela, travaille chaque cuvée avec le même intérêt, la même besogne.
J’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas une mais des milliers de vérités dans un vin, et ce rien qu’à travers le ressenti de chaque personne qui le goûte, mais toutes ces impressions se situent  pour moi clairement dans un triangle formé par l’homme, le fruit et le sol… quand je goûte les vins de chez Dirler, cela me paraît évident, tout autant que 2008, est, en Alsace, sûrement, un millésime Majeur !

 

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Bilan Carbone

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Mon blog produit du CO2....

Mince une fois !

C'est vrai quoi, on pense à plein de choses, mais on reste souvent ignorant.... Bref, v'là t'y pas que ce blog produira pendant sa durée de vie suffisament de dioxyde de carbone que pour nécéssiter un arbre supplémentaire...

Je savais pas M'sieur.... mais à l'initiative de la société Bonial, il semble bien qu'il soit possible de corriger le tir, tout simplement en collant le sticker ci-dessous dans la barre de navigation de son blog... et en contrepartie, ils s'engagent chez Bonial à me planter un arbre qui compensera donc ma vilaine pollution...

bonial – promos et catalogues – moins de co2

En cliquant sur le sticker, vous aurez plus de détails sur cette action semble-t-il bien sympathique !

Alors... pourquoi pas, hein !

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30 novembre 2011

Avin, 1er décembre 2011

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1er décembre 2011

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Au premier jour de l’Avin, il y eut un Pet Nat*…

Si de nombreux pays, à l’exception de la perfide Albion, envient la France pour les andouillettes AAAAA et les cuisses de grenouilles, on peut encore plus parler d’unanimité quand il s’agit des vins hexagonaux. C’est un fait ! Enfin, on pouvait parler d’unanimité, puisque depuis l’an de grâce 2010, une jeune ligérienne répondant au doux nom d’Eva Robineau a mis tout le monde d’accord en mettant au sommet de l’échelle du désir le calendrier de l’Avin, objet qui est désormais aux œnophiles  ce que la saucisse est à Morteau, et je pèse mes mots. Malgré de nombreuses plaintes issues du clergé et des sociétés protectrices des Crèches sous Epicéa ou sous Nordmann  (SPCSE et SPCSN, respectivement), aucune démarche castratrice n’a abouti en justice, et pour le plus grand bonheur des petits et grands buveurs de glou, l’ouragan « Avin » (Force 12 from Robineau (for the people over the Channel)) est de retour en 2011, dans une version mégatop !

Ayant l’insigne honneur d’entamer les festivités de ce calendrier le plus joyeusement  vineux depuis l’invention de la mesure du temps par les disciples d’Amon-Ré, il était presque obligatoire de l’associer à un vin apéritif… avec des bulles, oui mais pas trop.
Pour le choix de la quille, point n’ai-je dû me creuser longtemps les méninges… S'il me fallait certes des bulles ligériennes en honneur à la présidente-générale du calendrier, le dernier des Gaulois de Loire,
René Mosse m’a offert l’objet de mes attentes sur un plateau avec son Pet Nat « Moisson Rouge », une des dernières productions festives issues du Moustachu de Saint-Lambert du Lattay.

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Habitué des Pet Nat avec les célèbres «Moussamoussettes » et « Juste avant l’été », l’ami René nous livre juste avant les fêtes une version rouge à base de Gamay de Bouze, une version teinturière du noble cépage très à l’honneur dans nos libations multiples. « Moisson Rouge », c’est aussi le titre d’un célèbre polar de 1929, « Red Harvest », attribué à Dashiell Hammet et qui a fortement inspiré les frères Coen.

Dans le cas de la « Moisson Rouge » de Mosse et comme souvent avec ses pet nat*, l’intrigue serait plutôt Serial Glouting avec l’apothéose du suspense au moment où la capsule décolle (C'est la capsule à Paulo, la seule la vraie celle qui prend pas l'eau ! (La Capsule à… Agathe Zeblouse 1980)).

Voyons donc cet objet de plus près…

… La robe est rouge, rouge…  Un poil trouble, parce que les levures et tout le bazar sont encore avec… ce n’est pas dégorgé, quoi…
Le pif, y a du fruit, surtout,  rouge, explosif.  En bouche, c’est bien plus vineux que Moussamoussettes et les quelques sucres résiduels ne sont pas de trop pour arrondir le côté tannique… c’est surtout super frais, servi frais, oui mais pas trop, à cause des tannins ! Plus on aère, plus c’est exubérant, gai, chouette, enfin… Mosse, quoi !
Dommage qu’en pharmacie, on n’ait pas la licence d’exploitation, comme antidépresseur, y a pas mieux !

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A votre santé, donc, et plus particulièrement, à la santé d’Eva, de mes 30 collègues qui vont suivre… à la santé d'Agnès et René, "naturellement"... et… je vous souhaite beaucoup, beaucoup, beaucoup de quilles en 2012 !

Patrick, helvète d’âge parait-il mûr, glouglouteur à tendance monomaniaque hébergé avec beaucoup de talent par de gentils belges.

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* Petit lexique à l’usage des djeunes (et moins) qui savent pas encore : Pet Nat… quid ?

Un vin pétillant naturel est un vin effervescent dont les bulles sont obtenues en bouteilles par la fin de la fermentation issue des levures responsables de la fermentation en cuve. Il ne s’agit donc pas d’une refermentation en bouteille suite à l’ajout d’une liqueur de tirage mais bien de la fin du processus de fermentation originel, à même la bouteille de vente. Selon le choix du vigneron, ils peuvent faire ou non l’objet d’un dégorgement.  Les vins pétillants naturels, le plus souvent appelés « Pet Nat » sont, en fait, un témoin de ce qu’étaient les premiers vins effervescents, avant l’avènement des techniques de fabrication des vins effervescents les plus courants.

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adieu Vin Passion

Le texte ci-dessous est un des plus regrettables qu’il m’a été donné d’écrire sur ce blog; il est bien plus qu’un coup de sang, c’est une grande partie de l'histoire de ma passion dont j’enterre aujourd’hui le symbole à l’annonce d’une bien triste nouvelle.

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Le Vin Passion était un caviste comme on en trouve rarement ou, du moins, comme on en trouvait rarement dans les années 80 en Belgique. Sous l’impulsion de son fondateur, Xavier Erken, et en partenariat plus que philosophique avec « Les Vins du Rhône » et « La Cave des Oblats » à Liège,  cette cave bruxelloise s’était résolument tournée vers une offre « autre » que les sempiternels Bordeaux comme on en trouvait à l’époque à tous les coins de rue.

Le but de ce trio : faire découvrir de nouvelles régions, de nouveaux goûts à une clientèle essentiellement formée de particuliers, tout en stimulant au maximum les échanges avec cette même clientèle. Pour ceux qui l’ont vécu, que ne furent mémorables les salons du Languedoc et de Loire organisés en présence d’une armada de vigneron, presque impensable à l’époque », dans les salles d’un hippodrome bruxellois.

J’ose dire que, grâce à Xavier et ses amis, j’ai pu découvrir mes premiers trésors d’Alsace, de Loire, du Rhône, du Sud-Ouest et du Languedoc-Roussillon. Sans eux, je ferais probablement du tricot aujourd’hui, mais grâce à eux, je vis, encore trente ans plus tard une passion débordante.

Oui, mais voilà… Quand on est « passionné », on ne recherche pas obligatoirement la plus grande rentabilité, au contraire, on travaille avec des quantités modestes mais des références multiples, pour satisfaire au maximum une clientèle variée qui devient presque inévitablement elle-même aussi passionnée, on ne cherche pas de monopole.  On construit juste une belle histoire

Et les plus belles histoires ont une fin…

Atteint, il y a quelques années, par l’âge canonique de la pension, Xavier Erken a remis son affaire à une entreprise qui avait pignon sur rue, comme on dit… N’avait-elle pas déjà racheté les Vins du Rhône, en conservant, à l’époque, l’esprit…
Xavier s’en allait, tranquille, heureux de voir une pérennité à son œuvre…

Mais la force a deux côtés…  c’est bien connu ! Plus les semaines passèrent, plus le catalogue racheté perdit de ses plumes, seules les références « qui rapportent » subsistant.
Il ne m’appartient pas de juger une politique commerciale, mais il n’y a pas lieu de s’étonner que développer une telle politique de référencement ne peut qu’à terme rendre plus que perplexe cette clientèle d’habitués qui venait chercher « ses » raretés avec fidélité et provoquer sa désaffection.

Conclusion, après en avoir terminé il y a déjà quelques années avec « Les Vins du Rhône », c’est aujourd’hui le « Vin Passion » qui passe à la trappe et qui ferme ses portes le 31 décembre.
On a tout tenté, nous dit-on du haut du perchoir de la direction liégeoise, on a même fait un référendum pour voir pourquoi la Cave du Vin Passion ne tournait plus comme avant…  J’ai eu un aperçu de pas mal de réponses… elles disaient toutes la même chose : « Que sont devenus nos références d’antan ? ».  Miroir aux alouettes que ce référendum, en fait, tout semblait bien décidé depuis longtemps.

Moi, je ne vois que l’application d’un système dans toute cette triste histoire, un système froid, sans âme, implacable : On rachète une boîte pour racheter son catalogue, on phagocyte ses références, on digère tout ce qui n’est pas rentable, on élimine les indésirables sans vergogne et avec les références restantes, on a un nouveau catalogue hyperrentable, du genre « par dizaine de palettes » avec lequel on inonde les restaurants…

Plus besoin, dès lors, des particuliers, plus besoin d'une cave, plus besoin du Vin Passion

Silence, on ferme !

Ah oui, au fait, ces petites références qu’on ne veut plus garder, il y a des vignerons la derrière, des êtres humains qui en vivent… Fuck off, l’humanité, Welcome Business.

Et pourtant, elle tourne… Pourvu que tout ça pète un jour….

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25 novembre 2011

VDVs 41 : Les Bulles de Mariage

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Vendredis du Vin # 41:
Les bulles de Mariage

Elle est jeune, elle est  belle, elle aime les vins de glou, elle est la copine d’Eva Robineau, elle a un Blog au titre rêveur « Un Mets, Dix Vins » et elle a accepté d’endosser la lourde tâche de Présidente des Vendredis du Vin de Novembre, bref, Stéphanie « UMDV » représente aux yeux de tous le parti idéal !!!
Mais ce n’est pas de son mariage dont Stéphanie s’inquiète, mais bien celui de son frère !
Que proposer comme vin, surtout à l’accueil, avec tous ces amateurs qui poussent en France et ailleurs, tels des trèfles au printemps…  C’est sûr que les Rachais de Francis Boulard, ce serait pas mal, mais bon, il y a Monsieur Budget qui est pas vraiment d’accord.
L’affaire est donc problématique au point d’en faire le sujet de ces
Vendredis du Vin de Novembre, et de quémander sa sphère Glou pour fournir moultes idées.

En y réfléchissant, bulles ou pas bulles, nous, au VDVs Brusseleirs, on tape rarement dans les boutanches plus chères qu’un plein d’essence, au contraire… mais serait-ce erratique de penser que souvent, moins il y a de soufre, moins les prix s’envolent… ?

En y réfléchissant aussi, faut-il vraiment des bulles pour faire « fête »… ?
 Ça, On n’en est pas vraiment sûr dans notre petit groupe de demi-dingues.

Alors, on s’est dit, finalement,  qu’on allait faire notre dégustation comme d’hab, en mettant un peu plus de bulles que d’hab et qu’on ferait surtout la fête, d’autant que le président-fondateur à vie de notre entité, moi, pour les intimes, fêtait à l’occasion ces 51 bougies.
Et donc… pour tout embrouiller, et ben, certaines quilles s’avèreront un peu hors budget mariage quand même, ou un peu rares pour ce genre de festoiement, mais l’occasion fait le larron, non ?

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Bon... Parlons donc quand même un peu  bulles…

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Faut-il qu’elles soient absolument champenoises pour plaire ?
Tout individu censé connaît la réponse…. je pense, non ?
Et si elles sont ou  ne sont pas absolument champenoises, faut-il qu’elles soient chères ?
A nouveau, je ne pense pas du tout…
En Alsace, on peut trouver sans trop de difficultés autour de 9 euros du crémant et du bon…. Les exemples se bousculent dans ma tête, au domaine, les extra-brut de Lucas Rieffel, Jean-Pierre Rietsch ou Louis Sipp sont les premiers auxquels je pense… mais il y en a des tas comme cela en Alsace et en Loire, pour ne citer que ces exemples.
Pour peu qu’on fasse ensuite de son plus beau sourire avec le comité organisateur, et on reçoit les droits de bouchon….
Finalement, on  aura gagné, en plus, un mini-trip en Loire ou en Alsace…
Et sinon…. Il y a les Poirés, c’est bon et on peut en boire beaucoup…

Il y a encore des variations plus funs encore comme cette « Moussamoussettes » de René Mosse vendue cet été +- 12 euros chez les Bons Cavistes, qui a maintenant bouffé pas mal de son résiduel pour donner un très chouette pet nat rosé à base de Grolleau Gris et de Gamay…

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C’est en tous cas avec cette quille qu’on a commencé nos hostilités et personne n’y a trouvé à redire…. Et son nouvel OVNI au père René, le pet nat Rouge « Moisson Rouge » à base de gamay teinturier, goûter 2 jours plus tard (merci René) ne nous démentira pas…

Côté crémant, c’est le Crémant d’Alsace 2000 du domaine Julien Meyer (pinot gris et blanc) avec zéro dosage qui prenait ensuite le relais. Là, on est un gros poil hors budget, et surtout, l’objet est rare, mais qu’est-ce que c’est bon…  évidemment si on veut cela pour une fête, faut être visionnaire, parce que la bestiole a quand même besoin de 5-7 ans pour murir et donner un nectar d’arômes secondaires comme ce le fut dans notre cas…

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Catégorie plus djeunes et  « Rock ‘N’ Roll »,  le Ze Bulle « Zéro Pointé » a certes souffert de son prédécesseur… Ils sont pourtant nombreux à bien l’aimer ce Pet Nat rouge Vin de Table du Château Tour Grise (cabernet franc 100%). Pour nous, il a paru un peu léger, en fait, mais nous sommes de vilains gâtés au pays des Belges….

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A propos de gâterie, question de quand même prendre un Champagne, on a décidé de frapper à sens inverse…  Si les sous, il faut quand même les mettre, alors qu’on s’éclate, bon dieu…
Donc…  évidemment hors concours pour l’objet du désir de notre présidente du mois, et parce qu’il m’est impossible de parler bulles sans en ouvrir une,  la Cuvée Petraea  « 97-2006» de l’ami Francis Boulard (60% Pinot Noir, 20% Chardonnay, 20% Pinot Meunier) a fait comme Omar, il m’a tué (et les autres aussi) par sa tension, sa pureté et sa longueur…  Avec c’te quille et aussi avec sa cuvée « Les Rachais », je n’ai de cesse d’être emporté au paradis… normal, ça me tue !

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Voilà donc quelques idées, non-idées, réflexions et tout le bazar…

Et nous, alors, on allait quand même ne pas s’arrêter à 4 bulles et puis dodo….  Surtout que si certains considèrent qu’une fête sans bulle n’en est pas une, moi, je dis que sans blanc tranquille et sans rouge, ça va pô….. mais pô du tout, alors !
Donc, pour accompagner les charcuteries , fromages et autres délicatesses de l’entrée ainsi que le plat « de consistance », pas moins de 14 quilles frétillaient d’impatience de rencontrer nos palais. Il y en avait bien quinze, mais la Roussette Marestel de Môssieu Dupasquier, elle avait pris du bouchon… Probable vengeance de mes chakras qui, après avoir perdu quelques batailles à l’aveugle, ont dû envoyer des ondes négatives pour réveiller les tricloromachins de cette normalement superbe bouteille. Mort aux tricloromachins !

Pour ouvrir la session postbullienne, un petit clin d’œil à notre douce Véronique Attard du Mas Coris avec  sa cuvée  « La Coulée Douce » - Coteaux du Languedoc Rosé « Cabrières » 2010, première ébauche d’une grande série. Côté tension, c’est un peu léger après la « droiture» calcaro-boulardienne, surtout qu’on est ici sur un vin bien plus solaire, mais j’aime bien la finesse et la très belle buvabilité ! Et… enfin, un Mas Coris, aux VDVs  Brusseleirs !

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Vient ensuite une des  autres tueries de la soirée avec le 100% Romorantin Cour-Cheverny « Les Sables » 2007 de Philippe Tessier. Son nez « agrumes » très complexe et surtout sa droiture minérale en bouche me mettent  littéralement « à genoux ». Une première rencontre pour moi, mais bon dieu, quelle rencontre ! Encore un parfait exemple d’un vin qui peut renverser une assemblée d’œnophiles conviés à un… mariage… A 11 euros environ chez les cavistes belges, on imagine le prix pour 100 caisses au domaine…. Faut-il hésiter ?

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Pour faire le malin, ensuite, un nerveux de l’Alsace propose une de ses cuvées Dada, soit le Pinot Gris A360P 2009 d’André Ostertag dont les raisins grandissent sur le mythique Grand Cu Muenchberg. Le nerveux, il a voulu frapper fort, surtout que le souvenir de la cuvée bue au domaine restait exceptionnel, mais André Ostertag, il l’avait bien mieux placé, son vin, au domaine…. Ici, l’acidité du Tessier et la rondeur typique des 2009 alsaciens créent un effet de série qui dessert trop le vin, malgré une matière et une minéralité de grande classe….

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Re-changement de cap avec le Pouilly Fuissé « Clos Reyssier » 2003 du Domaine Valette, très sec, superbement tendu, à nouveau, finement oxydatif (d’où le changement de cap) mais surtout monumental de minéralité, le machin qui vous redresse les papilles comme une meute de suricates mis en émoi par le survol d’un aigle royal… encore un très grand moment !

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Et pour commencer les rouges… rien de tel qu’un gamay jeune et  félin de M’sieur Cyril Alonso , soit le Bojo Villages 2011 «COUGAR »  de P-U-R, qui, en plus d’voir un bien joli contenant, n’en est pas moins un bien beau primeur, frais à souhait, non sans notes minérales et épicées… glou, glou…

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Et puis, comme ce genre de vins a le mérite de garder quelques mois… si notre présidente avait le talent d’en placer au mariage de son frangin, ce serait quand même vachement couillu !!! (Stéphanie, si t’en trouves plus, je te garde un BIB, on sait jamais). En tous cas, sur la cochonnaille, ça fond comme des sucettes à l’anis.

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Le plat de consistance donne signe de vie à travers le four qui le transforme pour son sacrifice final… Derrière la porte de verre et de métal, le plus grand cassoulet du monde, celui de Jean-Yves du Coin des Artistes nous envoie des effluves prégargantuesques…

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Un appel au crime, un appel en tous cas à continuer sur Bojo… Ça tombe bien, 2 Régnié et un Moulin à Vent ploppent en cœur pour l’occasion.
Le premier Régnier est le 2010 de Christian Ducroux, et c’est une bien belle surprise : si le nez est un poil discret, la bouche est  équilibrée, dense, veloutée et fraiche. Malgré sa concentration, cela descend vraiment tout seul… c’est le but, non ?

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Et puis, il y a le Régnié V/V 2009 du Noun Descombes dont je n’ai envie de dire que 2-3 mots : BOMBE THERMO-NUCLEAIRE. En général, les crus du Noun, j’aime bien les laisser reposer 4-5 ans et j’aime bien aussi quand il n’y a pas trop (pas du tout, en fait) d’expression de boisé, mais là, il faut avouer que c’est parfait, aussi torchable que puissant. Achetez !!!!!

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Enfin, pour clore la série des crus de Bojo, il y avait le Moulin à Vent 2009 de  J.P. Dubost, dont je ne dirai que trois, quatre mots : Grand incompris de la soirée.

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Les haricots magiques et leurs atours désormais en fusion appellent la suite et du pas triste, s’il vous plaît…
Mais, évidemment, quand on mange du Cassoulet de Môssieu Jean-Yves, c’est plus difficile de se concentrer et donc après 4 jours assez, heu, festifs, pas trop facile d’aller réveiller les neurones. On me pardonnera donc un soudain rétrécissement de mes délires.

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Dans l’ordre ont été servis :

Cornas 1995 de Thierry Allemand
Bandol 2001 de la  Tour du Bon
Rosso di Montalcino 2009 du Campi di Fonterenza
Chianti Classico « Le Trame » 2008 du Podere le Boncie
Côtes de Francs Château Le Puy 2009 de J.P. & P. Amoreau

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Le Cornas fut à mon humble avis le plus grand vin de la soirée, magique, profond, du vin de roche… une de mes grandes émotions de l’année !

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Comme un poisson dans l’eau sur la puissance du cassoulet, le Bandol nous a rappelé que 2001 est un énorme millésime et qu’au domaine, on fait des vins qui ne goûtent pas que le chocolat et de loin, on ferait plutôt dans le genre « grand vin ».

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Dois-je encore m’appesantir sur les deux vins suivants sinon insister encore sur le fait qu’il faut avoir au moins goûté des deux nectars dans sa vie, rien que pour savoir ce que sont les vrais arômes des sangiovese et sangiovese grosso ?

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Et si vous voulez vraiment en savoir plus (je n’en doute pas un instant) sur les domaines de ces dames qui m’ont fait chavirer le cœur, c’est ici, pour le Campi di Fonterenza des Padovani Sisters et c’est ici pour le Podere le Boncie de Giovanna Morganti.

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Et puis pour finir le bal, il avait ce Côte de Francs, une quille de vrais malades à commencer par les producteurs qui clament sur leur étiquette… « Vins issus de cultures et de vinifs naturelles depuis 1610 », le pendant industriel au préphylloxérique, quoi. Et malgré un succès d’estime (le vin le vaut bien), le domaine se refuse à jouer « business »… alors les prix en restent abordables à souhait…
Et si je dis qu’après toutes les autres quilles, c’était, ici, de nouveau, une émotion ?

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Et si j’ajoutais que vu le niveau des prix, chère présidente, si vous en faisiez le rouge du repas, les VDVs Brusseleirs se proposent à offrir leurs services…. pour le service ?

En fin de soirée… les plus résistants ont eu droit à un magnum de Château Cornélie  Haut Médoc 2005, une autre émotion, différente, parce que pas mal de bloggueurs connaissent l’histoire de ce vin qui a fait l’objet d’une des plus belles pages de l’histoire du glou on the web…  Mais c’est vraiment une autre histoire et j’attends que Pierre Bellemaere en cause…

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Bon… je pense qu’on a encore frappé, une fois, mais c’est chaque fois un peu meilleur et il ne faut jamais aller voir l’apothicaire le lendemain… mais pourquoi doudou dis-donc ?
Il me faut évidemment remercier mes joyeux collègues…. Grâce à eux notre club est devenu un vrai lien d’amitié festive, un machin où on préfère boire que de se prendre la tête à faire des commentaires professionnels…
En l’espace de 7 mois, on est devenu un truc où on a vraiment envie de vite dormir 30 jours… 
Merci à eux aussi pour mes « cadeaux «  du jour avec une mention spéciale pour le trio Pastis 51, boules OBUT et ramasse-boules pour les vieux chnoques…

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Merci évidemment aux Vendredis du Vin et à Stéphanie, présidente du mois élégante en diable, de nous avoir fourni le prétexte  de nos agapes !

Finalement, avec deux quilles encore plus tardives, on a fait 2 Mets, 20 vins… c’est tout dire…

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22 novembre 2011

Le Chablis Montmain 2009 de Thomas Pico

La valeur n’attend pas les années…

En doutez-vous ?

J’ai eu la chance de participer ces derniers mois à deux très belles dégustations de Chablis, la première, très complète, dans mon Club des « Vieilles Copines » consacrée aux Chablis Premiers Crus 2008, la seconde organisée au Club DCVD par Jehan Delbruyere, dégustation plus généraliste dans sa structure, mais pleine elle aussi de noms qui font rêver comme Droin, Daniel-Etienne Defaix, William Fèvre, etc…

Globalement, si 2008 est captivant par sa puissance et son acidité minérale très serrée, j’ai été surpris par la qualité des 2009 que j’aurais bien cru moins frais et minéraux, du moins quand le bois ne se fait pas trop intervenant.

Mais la surprise absolue, elle vient du Chablis 1er Cru Montmain 2009 du Domaine Pattes-Loup de Thomas Pico. Si ce tout jeune vigneron à la superficie parcellaire encore modeste est devenu depuis 3 millésimes médiatiquement une valeur plus que certaine, principalement dans le petit monde des vins natures,  j’aurais pu craindre qu’en demandant à Jehan d’ajouter cette bouteille en dernière minute à sa dégustation, ma subjectivité positive ne me joue un tour en cas de désaveu du reste du groupe.
Or, il n’en a rien été… ce Montmain a tout balayé sur son passage, réduisant même des Grand Cru tels le Fourchaume 2008 de William Fèvre à l’état de gentils spectateurs.

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A la fois assez identifiable « chardonnay » au nez, on ressent une aromatique bien plus complexe qu’une simple image variétale, avec des fruits très murs, quelques notes beurrées, mais surtout une impression minérale affirmée.
En bouche, la matière s’avère énorme, parfaitement équilibrée, étirée par une acidité impressionnante et pure. Fruit et pierre se disputent allégrement les meilleures places du palais et la finale est magnifique, longue, pleine, pure et gourmande à la fois, une légère amertume venant anoblir l’ensemble. Un vin magnifique !

Plus encore…, une des qualités du groupe DCVD étant de rassembler des jeunes et des moins jeunes participants, issus souvent d’univers viniques très différents avec des préférences régionales très diverses, on peut donc parler sans équivoque d’un tout grand vin quand un tel groupe déclare un tel coup de cœur unanime dans une série parfaitement servie à l’aveugle.
Ce n’est, en fait, qu’un exemple de la qualité des vins de Thomas Pico, qui maitrise totalement ces vinifs malgré des conditions d’usage ultra-minimal du soufre, le terroir faisant le reste.

Vraiment, au domaine Pattes-Loup, la valeur n’a pas attendu les années...

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Domaine Pattes Loup – Thomas Pico
Grands Vins de Chablis
Grande Rue Nicolas Droin - 89800 Courgis
Tel : 03 86 41 46 38
Fax : 03 86 41 46 39
contact : thomas.pico@pattes-loup.com
web :
www.pattes-loup.com
vins disponibles en Belgique chez Basin & Marot 

Posté par PBottcher à 15:20 - Bouteilles du jour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bon Bon... Tout simplement Bon !

Quand c’est BON… c'est....

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La vocation de ce blog n’est certainement pas de se transformer en pages de critiques culinaires, il paraît à très juste titre que ce n’est pas mon métier. La vocation de ce blog n’est pas non plus, du moins j’espère, de s’attaquer joyeusement à des monuments dont tout le monde est convaincu de la qualité, juste pour le plaisir d’en remettre « un coup »

Et pourtant, il faut bien que je vous inonde de mes propos au sujet de ce qui reste à mes papilles le meilleur restaurant de Bruxelles, à la fois dans l’absolu qualitatif mais aussi dans la volonté permanente d’évoluer, sans jamais fuir le travail que cela représente.

Il faut donc bien que je jette quelques lignes sur le Restaurant Bon-Bon de Christophe Hardiquest.

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Certes, à la vue du pouvoir de mon portefeuille, je ne peux prétendre m’ériger en spécialiste à haute fréquence de la Maison qui s’est posée cette année dans son nouveau nid de Tervuren au prix de gros investissements. Mais même si la fréquence de mes visites y est faible, force m’est de rester un admirateur permanent de l’inventivité créative de Christophe Hardiquest.
En fait… je pourrais m’inquiéter de n’y avoir jamais mangé la même chose, à la fois par le fait que certains plats rassurent à leur énoncé et par le fait que la partie la plus conservatrice de mes neurones se manifeste à chaque fois pour dire « Bon, le Ket, Qu’est-ce il va encore nous sortir quoi ce coup-çi » avec ce soupçon de la peur du « nouveau ».
Mais non, rigolez pas, moi qui suis un amoureux roboratif des boulettes sauce tomate de chez René ou du cassoulet du Coin des Artistes, certains comprendront bien que l’énoncé et la structure de certains plats de Christophe ont de quoi angoisser l’épicurien bistrotier que je suis.

Alors, lors de ma visite de hier, par respect et par besoin de concentration, j’y ai pas causé beaucoup (sauf avec l’homme à la grappe), j’ai souvent fermé mes sens de la vue et l’ouïe, m’enfermant dans une bulle d’ermite virtuel (que mes convives me pardonneront), juste pour que les sens du goût, tactiles et aromatiques puissent profiter au mieux des délices absolus qui m’étaient proposés.

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Ravioles Virtuelles et Sorbet de Cresson

Sur une base de 5 plats auxquels sont venus s’ajouter quelques extras,  le chef a une fois de plus démontré sa maîtrise des matières « produits » comme son émincé de Saint-Jacques et gaspacho d’huîtres ou les Ecrevisses, à nouveau génialement revisitées pour l’occasion, alors que leur qualité intrinsèque suffirait à faire radicalement douter un disciple sectaire du fast-food. 

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Emincé de Saint-Jacques au Gaspacho d'Huitres "Perle Blanche"


Comme je le dis plus haut, ce n’est pas mon métier d’analyser des plats pour les décrire sur un support médiatique, donc, je vous ferai grâce d’une description systématique de ce que mes papilles ont rencontré. Je ne m’attacherai qu’à ce nouveau fleuron du moment qu’est le « Bar de Ligne en rocher d’Huître » :
Après une première phase préparatrice où les chairs d’huitres sont glissées en peau et filet du Bar pour forcer un premier mariage entre les deux intervenants principaux, le couple ainsi formé est cuit dans une croute de coquilles d’huitres concassées, avant de retrouver l’assiette dans une présentation judicieuse, libéré de son cocon.

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Avec la croute

Il en résulte une texture du bar d’une sublime fermeté arrondie par un moelleux inouï, entre ce que pourraient être à l’idéal un mariage génétique entre de la raie, du sandre et du saint-pierre,  le tout sous une ambiance iodée complètement magique. Purement fantastique, de l’Hardiquest, pur jus !

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Sans la croute


Je n’ai pas encore parlé « vin », j’y viens donc. Si personne ne mettra en doute la fraicheur et la qualité des produits chaque jour renouvelés, véritable marque de fabrique de la maison,   il faut souligner la volonté du chef et de son équipe d’évoluer vers une optique « Bio », la part de celui-ci atteignant désormais 95%. Il n’y a donc rien d’étonnant de voir, sous l’impulsion de Romain Cailleret, le jeune sommelier de la maison, fleurir sur la carte des vins des quilles de plus en plus Glou. 

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Agneau et Saint-Jo font bon ménage

Si Romain, à son arrivée et peu avant le déménagement du restaurant, a paru à certains esprits dubitatifs, comme conservateur dans la présentation de sa carte, il s’en défend fort justement par le fait que quand on doit reprendre une cave que l’on a pas créée soi-même, on a pas beaucoup d’autres alternatives de se réfugier dans un premier temps derrière des « classiques » bordelais, bourguignons et rhodaniens. Ce n’était clairement qu’une étape et si quelques références subsistent bien à l’intention de clients ultra-conservateurs au portefeuille ultra-fourni, il faut se rendre à l’évidence que Romain a aujourd’hui fait le ménage, multipliant les références qui flirtent clairement avec les vins « natures », alors que les vins issus du Bio et de la Biodynamie abondent désormais.  Hier soir, Romain m’a littéralement transporté sur des accords osés mais parfaits.
De ce qui nous a été proposé, je vous laisse juge, personnellement mon avis est fait, la maison a trouvé le sommelier qu’elle méritait. Voici donc la sélection du « maître », servie 100% à l’aveugle, les deux derniers vins en verres noirs :

Champagne Jacquesson Cuvée 735
Cour-Cheverny  Les Sables 2008 de Philippe Tessier (du 100% romorantin à la carte !)
Viré-Clessé « Terroirs de Quintaine » 2007 de Jean-Pierre Michel
Saumur Blanc 2007 du Domaine du Collier (Famille Rougeard)
VDP des Côtes Catalanes 2009 du Domaine de l’Horizon
Saint-Joseph rouge 2010 d’Hervé Souhaut
Muscat de Rivesaltes 1996 du Domaine Cazes
Tinto Dulce Arianas « David » 2010 des Bodegas Bentomiz

Tous ces vins s’accordaient parfaitement avec les plats avec une mention spéciale pour le Domaine de l’Horizon dont l’aromatique oxydative proposait une union magique avec le Bar alors que le Saint-Jo faisait littéralement rebondir un agneau exceptionnel. Re-Mention spéciale au Cour-Cheverny de Tessier, tranchant à souhait ainsi qu’au Tinto Dulce proposé en toute fin de repas.
Quant au Saumur du Domaine du Collier, c’est tout simplement un des plus beaux chenins que j’ai bus à ce jour, ils en vendent chez Basin et Marot… Faut se précipiter !

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Avant de clore ce récit à nouveau roboratif, quelques mots sur le nouveau cadre au moderne sobre, très reposant, donnant beaucoup plus d’espace à une équipe résolument jeune et joyeuse, tout en gardant toujours l’esprit « vue sur cuisine », la partie la plus « lumineuse «  de la maison. A noter que le plafond a reçu récemment plusieurs « casse-bruits » corrigeant ainsi efficacement un bruit de fond qui n’allait pas avec l’ambiance.

Un second macaron plus que justifié aurait dû fleurir cette année, il paraît que ce n’est pas possible vu que le restaurant a déménagé début 2011… Y a rien à comprendre, la cuisine étant  au moins égale, tout le reste ayant vu l’objet de lourds investissements, et bien, on vous pénalise… pas d'autre mots pour cela, parce que Bon Bon sans deux macarons…. cela me paraît désormais presque impensable…

Merci à TOUTE l’équipe pour cette soirée exceptionnelle.

BON BON
Salon d’Artisan Cuisinier
Avenue de Tervueren 453
1150 BRUXELLES
Tél. : 02.346.66.15
www.bon-bon.be
Réservations uniquement par téléphone

Posté par PBottcher à 12:39 - Diners festifs - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2011

Living at the number one

Olif, Number One

Toute vérité restera toujours bonne à dire....

... si un jour, j'ai eu envie de commencer ce blog, c'est parce que trois gugusses m'ont captivé avec le leur, blogs qui transpiraient leur passion : Eric Bernardin et son http://www.boiremanger.net/, Philippe Rapiteau et sa pipette aux 4 vins, http://pipette.canalblog.com/  et Olivier Grosjean et son Blog d'Olif, http://www.leblogdolif.com/.

Plus que pour tout autre blog, à la lecture des pages de celui d'Olivier, je me suis rassuré dans le fait que la sphère vinique du net n'avait de raison d'être que dans le partage du plaisir, aussi subjectif qu'il soit, balayant du coup toute forme de débats aussi utiles que de savoir qui avait été le premier de l'oeuf ou la poule ou de savoir si on doit ou non parler de minéralité.

Plus j'ai pris plaisir à lire les pages de Monsieur Olif, plus je me suis persuadé que nous n'avions pas à nous instaurer par nos blogs en juges d'un travail ou d'un vin... chose que je laisse bien volontiers aux "professionnels".

Notre place est dans l'émotion, pas celle qu'on garde égoïstement, mais dans celle qu'on partage à grands cris, toujours avec le maximum de monde, avec la vue la plus désinteressée possible.

Il n'y a pas de meilleur témoin de cela que le blog d'Olif.

olif1

Aujourd'hui, le Blog d'Olif occuppe la première place du classement Wikio des vins... A quoi cela sert... à rien, bien sûr ... sauf que qu'est ce que ça fait drôlement du bien...

Merci Monsieur Olif !

 

Posté par PBottcher à 00:17 - Humeurs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]